25 juillet 2009
Des fois je, des fois..
Je l'ai senti dés que je suis arrivé
dans son petit commerce… Il bosse dans un kebab et se prend pourtant pour le
roi du monde, moue boudeuse et sourire de beau gosse H et M un peu pathétique
compris:
"Ouais non, c'est sympa que vous fassiez 5 jours à la suite, moi même
c'est ce que je fais avec mon associé... Mais bon, euh... hé hé... Moi je fais
7h /21 heures...
- Ben oui comme nous (sauf que nous on
aide toute la journée des gens gravement malade ce qui est autre chose que de
faire des kebabs)...
- Ah bon??? Vous travaillez aussi tant que ça ? Je croyais que j'étais le
seul...
- ... (giugig) "
Je viens le voir pour un pansement
au visage. Il s'est fait castagner la gueule en boite mais bien sûr ce n'est
pas du tout de sa faute (ce n'est jamais
de leur faute d'ailleurs, comme dirait N ma copine qui bosse aux urgences
"c'est étrange on ne reçoit que des victimes ici et jamais des
agresseurs...?!?"). Bref je lui fait son pauvre pansement (pas très
joli d'ailleurs) sur un pauvre siège de sa pauvre arrière boutique et nous
prenons rendez vous pour la prochaine fois:
"- Ouais je pourrais être là à midi…
- Euh non ce n'est pas possible pour moi, disons11h30 plutôt (à midi
j'ai une insuline à l'autre bout de la ville, facile à me souvenir) ou
alors l'après midi...
- Ah non pas l'après midi, mais bon 11h30 ça va être chaud par ce que je sors
la veille, le temps que je me réveille et que je vienne et tout...
- ????!????? (Vous plaisantez j'espère?)
Bon alors on fait quoi?
- Ouais ben 11h30...
-Ok"
Le jour j j'arrive un peu à la
bourre, sentant venir le coup (un pressentiment, une intuition) et j'arrive
donc au kébab à 11h44 exactement et là, évidemment, ça ne loupe pas, je me
retrouve seul comme un con avec son remplaçant qui me toise de haut en bas:
« - Ouais non mais il est pas là, il m'a dit qu'il viendrait entre 11h30
et 12h00.
-(????!!!???) Non on a dit 11h30 et quand bien même nous sommes entre
11h30 et 12h00 !!
- Ouais, non (renifle, molard avalé, renifle) moi c'est pas ce qu'il m'a
dit...Mais bon vous devriez attendre il n'est jamais en retard"
Et là je sens une vague de rage qui
monte alors je me dis de me calmer et je respire un grand coup.
"Bon allez je vais l'attendre un peu, on va lui laisser le temps d'arriver
hein, vous avez une clope?" (Oui bon
quand je suis énervé ça me calme, et en plus il était hors de question que
j'attende mooosieur planté comme un ficus à coté du mouton à la broche).
Bref je fume ma clope, je respire... et j'attends 10 minutes (quand même!) mais rien, bien sûr il ne
vient pas. Il est alors 11h54, l'insuline m'attend et surtout il est hors de
question que je sois là à midi pile pour regarder ce petit malin triomphant me
chier dessus donc je me barre, sous le regard halluciné et passablement
méprisant du collègue.
Et évidemment le patient ne m'a
jamais rappelé, ni pour s'excuser, ni pour s'expliquer, ni pour demander un
nouveau rendez vous. Les patients vous font poireauter 15 minutes et n’ont même
pas la décence minimale se s’excuser… (évidemment,
ils bossent eux…)
Évidemment, bien sûr, je sais
que cette histoire est banale, évidemment qu’elle m'est déjà arrivée
plusieurs fois mais étrangement depuis quelques semaines je ne le supporte
plus. Pour qui me prennent les gens?
De quel droit osent-ils me traiter
ainsi comme un chien qu'on siffle et surtout au nom de quelle règle absurde (de
quelle abnégation masochiste obligatoire) devrais-je accepter ça ?
Même topo un peu plus tard le même
jour avec une femme bon chic bon genre, chez qui je me casse le nez devant la
porte close. J'appelle sur son portable mais, bien sûr, personne ne répond (personne ne répond jamais au portable quand
il y en a vraiment besoin, vous avez remarqué?). Donc je respire un grand
coup et je laisse un message. Mon téléphone sonne alors une bonne grosse heure
plus tard, vers 20h30...
"-Ouh là là je suis désolée on a été bloqués sans portable, vous pouvez
passer demain matin à la première heure avant que j'embauche?
- Non je n'ai pas le temps demain matin (et je n'ai surtout pas envie de me
lever 30 minutes plus tôt juste pour toi), je vais passer ce soir tant
pis..." Et je traverse la ville vers 21 heures, revenant sur mes pas,
perdant un temps effroyable au lieu de rentrer chez moi.
Là, elle m'attend hilare dans son
salon:
"- ROOOh je suis désolée, finalement on est allé à mon cours de danse à
l'autre bout de la ville et on est sorti comme d'habitude à 19h15 mais on a mis
un temps fou pour rentrer et je n'avais pas mon portable...
- Oui mais madame notre rendez vous était
à 19h15, pourquoi vous ne m'avez pas simplement prévenu avant?
- Ah bon? Rohh, roh ben j'ai oublié voilà ... Ah ah ah"
Honnêtement je n'en peux plus.
Honnêtement ça va mal finir, je vais vraiment finir par m'en payer un, par être
vraiment désagréable (ceci dit dans ces cas là je le suis déjà passablement
et tous ceux qui me connaissent vous diront que quand je fais ma tête de con,
en général, ça se voit...).
Pourtant, dans le même temps, j'ai
commencé à prendre en charge un jeune de 25 ans, paraplégique après s'être fait
scratcher en scooter par un alcoolo. Précis, sympathique, on a parlé un long
moment de ce qu'est "l'autonomie" dans son cas, des sa pathologie, de
ses soins… Evidemment il ne m'écoute pas toujours mais on discute, on parlemente,
on avance ensemble...
Bref au
secours donnez moi de vrais patients!!!!! (Sinon j'explose).
Ps: Pour finir la blague, hier (dimanche de pâques) un
peu échaudé par tout ça je préviens une autre patiente "oui alors
d'habitude on a rendez vous vers 19h mais comme c'est dimanche je risque d'être
un peu en avance et de passer entre 18h30 et 19 h00, c'est possible pour vous?
-Oui bien sur..."
Mais le soir, évidemment, mes petits vieux ont eu subitement des tonnes de
choses à me dire (surtout un jour de pâques où ils sont restés seuls) et je
suis finalement arrivé chez cette dame à 18h58...
"- Oui j'étais chez ma famille, mais bon j'ai du laisser tout le monde à
18h15 puisque vous m'aviez dit que vous viendriez à 18h30... bref ça fait 45
minutes que je vous attends"
Gnourf.
Soignée par une demie aveugle (1)
Je passe 4
fois par jour chez une patiente pour un soin complexe de 30 minutes, facturé
ami 4 soit 12 euros brut le soin (14,20 avec le déplacement). A ce prix là (
7,1€ brut) un plombier ne se déplace pas... Mais bref. Le reste de la prise en
charge de cette personne âgée est assurée comme je le sens venir de plus en
plus par une agence de "garde à domicile" (le nouvel eldorado des sans emploi,
des fortunes sont en train de se faire par les mêmes qui ont montés des agences
de polycopies puis de ventes de portables et qui montent maintenant des agences
de "services à domicile"... Dépêchez vous!).
La fille de l’agence en question vient donc le
matin de 10 à 12 heures faire la toilette de cette personne et accessoirement
un peu de ménage. Oui la toilette (chez une personne plutôt dénutrie avec un
risque +++ d'escarres), vous ne rêvez pas, et personne ne s'en cache…
J'ai vu cette fille en question ce matin et (je
vous jure!)... elle a un œil qui dit merde à l'autre et est... moitié
aveugle!. Personnellement je lui confierais à peine mon chien à balader (pour info elle ne voyait pas un paquet de
coton tiges posés devant elle), on imagine donc la qualité et la sécurité
de son """"soin""""(!).
En partant (bouquet final ?) elle a bien sûr
embrassé sauvagement la patiente qu'elle appelle évidemment par son prénom (parce qu’elle lui rappelle sa
grand-mère, ce qui professionnellement est proche du zéro absolu de la relation
professionnelle)... Enfin elle lui a proposé de lui couper les
ongles de pieds demain. Et là j'ai tiqué. Elle réagit à peine par un "ah
oui évidemment si vous voulez le faire..."mais je ne dis rien... "Oui
je sais normalement c'est un podologue"... "bon j'en parlerai à sa
fille...". Et le silence s’est posé quand l’image de cette femme ne
distinguant pas un paquet de coton tiges à 4 mètres en train de s’acharner sur
les pieds de cette pauvre patiente…
Voilà donc,
c'est arrivé. Je savais mon métier déjà par terre, il est maintenant piétiné
sans problème par des semis aveugles sans emploi, des gens que l'agriculture ou
le toilettage pour chien ne voudrait pas.
Mais au fond tout le monde s'en fout non? Et puis tant qu'on paye...
La vieille qui se fait tabasser (1)
Une vieille
que je suis depuis des années se fait tabasser par son fils. L'histoire a été
longue à faire surface, le fils discret pendant des années... Mais le lièvre a
fini par sortir il y a quelques mois. Aujourd’hui le médecin se dit donc prêt à
envoyer le signalement de maltraitance, dit même l'avoir fait mais la vieille
commence à fatiguer en plus de plus en plus alors la cheftaine de la RPA qui
l'héberge a prit peur et a balancé la vieille discretos il y a un mois dans une
EHPAD du même groupe.
Au fond c'était malgré tout une bonne solution: la vieille a trouvé le
personnel suffisant pour s'occuper d'elle (que
puis-je faire moi avec mes deux passages jours chez une personne "souple
comme un verre de lampe" dont le risque principal est la chute et qui passe
ses journée avec son fils la main en l’air parce qu’elle n’avance pas assez
vite) et puis le fils, surveillé en permanence, est obligé de prendre ses
distances. Alors donc tout le monde est content.
Tout le
monde sauf la vieille (et le fils bien sur).
Car finalement
la vieille n'aime pas son EHPAD et veut retourner dans sa RPA, le fils dans la
foulée insiste aussi évidemment (et pour
cause: il reste encore un ou deux comptes bancaires à boire et tant que sa mère
est en ehpad il n’y a pas accès…).
Évidemment
au début tout le monde a dit s'opposer à ce retour : le médecin, la cheftaine
de l'ehpad, la cheftaine de la rpa, moi... Mais mémé insiste encore et là
évidemment, comme d'habitude, tout le monde se dégonfle... "Ben oui hein, après tout si elle veut
rentrer on ne peut rien faire nous, hein, il faudrait qu'elle soit reconnue
incapable pour qu'on puisse s'opposer tu comprends... " Et euh
non, moi bêtement je ne comprends pas : Quand
quelqu'un n'est pas capable de choisir seule ce qui est en toute objectivité la
seule solution sûre pour elle, qu'attend-t-on pour prendre les choses en main?
Combien de coups de son fils devra-t-elle recevoir pour qu'on se dise que les
séparer est essentiel à sa survie??
Mystère...
En attendant
je reste un bon garçon et je dis que je veux bien la reprendre (puisqu'humainement même si je
désapprouve le retour à domicile et que donc je vais cesser les soins dés que
possible, je n'aime pas lâcher les patients comme des merdes) en
attendant qu'une solution de soins à domicile soit trouvée. Avant qu'elle ne
sorte on m'a
alors dit "bien sur",
on m'a bien sûr
dit "que tout est prévu",
"que "ce n'est
qu'une histoire de quelques jours au plus"... Et mémé est
sortie.
Et mémé est sortie et comme je ne fais confiance à personne j'ai très vite pris
contact avec le service sensé faire mon relais...
Inutile de dire que bien sûr ils n'étaient au courant de rien et n'avaient pas
été prévenus...
Comme d'habitude la patate chaude est donc dans mes mains.
Mais elles sont tellement brulées...
Enfin bref,
ici aussi tout le monde s'en fout non? Mémé est rentré dans sa RPA, son fils
continue à la tabasser, pour ma part je me casse dés que possible... donc RIP.
Menaces sur le planning familial
Dans la
série nous vivons une époque formidable dirigés par des gens , euh... des gens
sachez que:
"Le montant affecté par l'Etat au
conseil conjugal et familial, activité « historique » du Planning Familial, a
baissé de 42% pour 2009 (2,5 millions d'euros en 2008 contre 1,5 million en
2009). Pour l'association ceci risque d'aboutir « à très court terme [à] la
suppression totale des acteurs intervenant sur le droit à la sexualité.
»
Edit: suite aux réactions le gouvernement a fait marche arrière... Mais la vigilance reste de mise....
EFS mon amour
S.
m'envoie par mail ce matin un texte issu de gayclic (ça c'est
l'article précédent j'ai pas retrouvé le nouveau, bien fichu ce site ;) ).
Évidemment (et parce que j'aime vraiment Roselyne ;) ) je le mets en
ligne ici. Le texte est de gayclic, les ndlr sont de moi... C'est parti :
Roselyne
Bachelot maintient l'interdiction du don du sang aux homosexuels
Mercredi 14
Janvier 2009
Le 27
novembre 2007, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot déclarait vouloir « suspendre l'interdiction »
faite aux homosexuels de pouvoir donner leur sang, qualifiant cette
interdiction de « démarche
discriminatoire qui n'est pas tolérable ». La suspension de
l'interdiction devait, selon la ministre, être effective « d'ici quelques jours » (ndlr: siffle beau merle...)
. En décembre 2008, ne voyant toujours rien venir, GayClic avait alors contacté
le Ministère de la Santé afin de savoir pourquoi rien n'avait été fait depuis
les déclarations de la ministre. On nous avait alors répondu que suite à une
directive européenne (ndlr
:c'est pas moi c'est l'europe!), c'est un arrêté du Ministère
de la Santé qui devait définir les critères d'exclusion des donneurs, mais que
pour l'instant, aucune décision n'avait été prise. Dans une interview accordée
au journal Libération parue ce matin (14 janvier 2009), la ministre annonce
qu'elle maintient finalement l'interdiction de don du sang pour « les hommes ayant eu des rapports
avec un homme ». Voici les explications de la ministre concernant
sa décision (ndlr: et
c'est parti pour le show...) :
« C'est vrai qu'au début, quand
la question s'est posée, j'avais clairement demandé à ce que l'on étudie la
possibilité de revenir sur cette contre-indication; tout le monde connaît mon
engagement personnel (ndlr:
oui c'est elle la caution gay de l'ump, on ne sait pas pourquoi mais bon...). J'ai sollicité l'avis des experts et
des agences sanitaires pour asseoir ma décision sur une évaluation médicale
solide. En matière de risque liés au sida, tous ces experts m'ont fait part de
deux éléments.(ndlr
allons y sur les éléments c'est du lourd) :
D'abord,
il y a une période muette de plusieurs jours, entre le moment où la personne a
été en contact avec le virus et le moment où le virus circule dans le sang et
donc devient détectable. Ce qui pose un vrai problème. (ndlr : oui ça c'est
la fenêtre de contamination qui est la même pour tous les modes de
contamination, ce pas particulièrement la faute des pds qui cachent leurs virus
cette bande de salauds, mais bon hein, dans le doute...)
Ensuite,
les données épidémiologiques sont incontestables : entre 10 et 18 % des gays
sont contaminés, alors que ce pourcentage est de 0,2 % pour les hétérosexuels. (ndlr : !!!! ?????
!!!! C'est quoi ces chiffres, d'où ça sort???? Est-ce une incidence, une
prévalence, sur quelle population???? ET qui connait exactement le nombre de
pds en France???? Non mais sans déconner!!! Quelle honte des chiffres
pareils!!! Non mais vraiment on ne sent pas l'arnaque : "les
hétéros" d'un coté, les "homos" de l'autre)
les
situations épidémiques ne sont pas les mêmes.(ndlr tu m'étonne
John! avec des chiffres aussi pros!!) Il y a un
risque (ndlr
un risque de quoi?), et ce risque (de quoi?) est trop élevé.
D'où le maintien de cette contre indication (...) ce n'est pas une option
philosophique (ndlr: Roooh ben non tu penses quand on sort des
arguments aussi forts et définitifs), c'est une question de sécurité
transfusionnelle.
Actuellement,
je ne peux pas faire courir ce risque aux malades. Mais on surveille et, s'il y
a des changements, on fera évoluer la réglementation. Tous les pays européens
sont sur la même ligne (ndlr: c'est pas moi c'est l'Europe vol2;
ceci dit il y a des tas de choses qu'on ne fait pas comme l'Europe). Mais vous savez, de
même, toute personne ayant séjourné en Grande Bretagne pendant au moins un an
ne peut pas donner son sang en raison des risques de transmission du prion. C'est
une analyse sanitaire qui nous a fait prendre cette liste de contre-indications.
»
NDLR:
Faux cette analyse est un parti pris du monde médical. Soyons précis ce qui
ennuie le monde médical c'est la sodomie car comme tout le monde le sait c'est
surement là que ça contamine le plus (mais oui c'est pas "naturel"!).
Sauf que (et on me le confirme dans mon oreillette) la sodomie est une pratique
aussi hétérosexuelle, ainsi que la fellation d'ailleurs...
Le
seul vrai problème sanitaire est la "pratique à risques" le
multipartenariat et les rapports non protégés qu'ils soient hétéros ou homos
(et puis en plus de nos jours, hétéro homo, hein, ma bonne dame...). Mais la
médecine a décidé que ce sont les pds qui ont inventé le sida donc on ne fait
plus confiance aux enculés... Pourtant
il n'y a aucune
"pratique" strictement homosexuelle (cherchez bien) alors pourquoi la
transmission serait elle particulièrement plus importante?
Cette
interview intervient alors que Gayclic était en train de préparer un article
sur le sujet, suite aux nombreuses réactions des GayCliqueurs concernant notre dernier article
sur le don du sang.
Nous avions alors contacté l'EFS (l'Etablissement Français du Sang qui, en
collaboration avec l'AFSSAPS, établissait jusqu'à maintenant les critères des
donneurs) pour connaître les raisons de cette exclusion. Les principaux
arguments donnés étaient les mêmes que Roselyne Bachelot dans l'interview de
Libération.
Une raison
supplémentaire, que la ministre n'a pas évoquée, et sur laquelle l'EFS avait
tenu à insister, est que contrairement aux idées reçues (ndlr alors là accrochez vous c'est
énorme, même moi j'en suis tombé de ma chaise), le sang
collecté n'est pas chauffé car cela détruirait les globules rouges. L'EFS avait
également tenu à nous préciser que cette interdiction n'avait rien de
discriminatoire envers la communauté homosexuelle, puisque le don du sang est
autorisé pour les lesbiennes.
Ndlr!!!!
: Je rappelle a toutes fins utiles que le tri avant don se fait sur simple
déclaration papier, sur la bonne foi du donneur !!! C'est donc totalement
n'importe quoi !!! N'importe qui peut dire n'importe quoi (par malveillance ou
par incompréhension), aucun test n'est fait !!!! Dormez tranquille brave gens,
ben non les gens sont responsables ils ne viendraient pas mentir ou se tromper
aux questionnaires quand même !!!
Ah
sinon par contre, non, si un jour tu t'es fait enculer par un homme (et surtout
que tu oses le dire!!!), là c'est mort pour toute la vie.
...
Non il n'y a pas à dire l'EFS est géré par de grands professionnels en qui on
peut avoir totalement confiance !!!!
Dans son
article, Libération rappelle les positions d'Act-Up et de Jean-Luc Roméro
(Président des Élus Locaux Contre le Sida), qui avaient appelé au printemps
dernier à « la levée de
l'interdiction systématique et discriminatoire faite aux homosexuels de donner
leur sang », estimant que c'était « les pratiques à risques » qui devaient être
exclues et non les «
homosexuels ».
Pour connaître votre opinion sur la décision de la ministre, GayClic vous
propose de répondre à un sondage. La question : Diriez-vous que vous êtes « Tout à fait Pour », « Plutôt pour », « Plutôt contre » ou « Tout à fait contre » le
maintien de l'interdiction du don du sang pour les hommes homosexuels.
Ndlr
: Le plus drôle dans tout ça quand on réfléchi deux secondes c'est que encore
une fois ce sera considéré comme un combat "pour les droits
homosexuels" alors que au contraire tout le monde est concerné (un peu
comme le pacs en sont temps, vous souvenez vous?).
Ainsi si un jour un de
vos enfants, parents, amis... crève en attendant sa poche de sang qui
n'arrivera jamais sachez que je ne peux le donner (o+ pas si mal quand même)
alors que je n'ai qu'un seul partenaire (enfin je suis en couple quoi) depuis
plus de 7 ans...
Sachez que nous sommes
des centaines de milliers dans ce cas... C'est ballot non?
A
l'inverse si on vous file une merde pendant la transfusion parce que les poches
ne sont pas traitées, surtout pas de soucis!!! Ne vous inquiétez pas ce ne
seront que des virus bien hétéros!
Le magnésium mystère ?
Évidemment
les événements de paris me font réagir. Il
faut dire que je sens ma profession un peu en ligne de mire...
Ceci dit, loin des débats et contre débats stériles (faut-il que la ministre
démissionne?), moi je trouve qu'il y a tout de même un gros soucis dans cette
histoire : on n'y comprend strictement rien! Pour être plus précis cette histoire,
même pour moi qui suis pro, me semble bien brumeuse et quelques grosses
questions restent en suspend :
1- Le magnésium : Je suis
peut être une grosse quiche mais le magnésium me semble rarement létal surtout
dans les dosages et les quantités normalement disponibles dans une salle de
soins. Ok c'est un gosse mais bon pour faire une injection létale il faut quand
même le vouloir, pas grand chose à voir avec un accident donc.
Ce serait du potassium je ne dis pas, mais du magnésium... Mystère...
(pour
me détromper n'hésitez pas a me joindre sur "contactez l'auteur", je
dis peut être une grosse boulette!!! (même si j'ai un peu feuilleté le vidal
avant ;) )
2- L'infirmière reconnait seule son
erreur avant autopsie et avant enquête : Donc elle
connaissait son erreur? Donc elle connaissait son erreur et a laissé passer
toute la perfusion ? Mystère la aussi...
Là je parle en pro, moi aussi j'ai préparé des réa. J'ai fait des erreurs et
des boulettes en préparant mais au moment de brancher j'ai toujours été sûr à
1000% de ce que je pensais avoir mis dans la perf, pas le moindre doute, donc
si j'étais dans le cas de cette infirmière il me faudrait au moins une
magnémie, un prélèvement de MA perf, puis une autopsie prouvant que c'est bien
cette injection qui a entrainé la mort pour que j'accepte de reconnaitre mon
erreur.
Mais elle, elle se dénonce seule et d'emblée...??
Car après
tout de quoi est mort cet enfant? Qu'a t il reçu exactement comme traitement au
cours des 24 dernières heures (surement de la morphine, des antibios, toutes
choses qui peuvent donner des effets secondaires)?
Après tout ce n'est parce qu'il est hospitalisé pour angine qu'il est forcement
mort de ça, tout le monde peut faire une décompensation cardiaque à tout
moment... et il y a malheureusement des tas de raisons de mourir à trois ans...
(Je ne dis pas ça pour dédouaner qui que ce soit, je dis juste que le lien
entre l'injection et la mort n'est peut être pas aussi systématique qu'on veut
bien le faire croire, souvenez vous de ces footballeurs qui s'écroulent raides
morts sur le terrain en plein match...)
3- En réa on serait incapable de détecter
et de rattraper une sur dose de magnésium???? Dans l'APHP????
Alors que l'infirmière dit connaitre son erreur (et est donc censée l'avoir dit
lors du transfert bien évidemment) ?????
4- Les parents voient le problème et
personne en s'affole durant trois heures...
Bon ça malheureusement, pour bien connaitre le milieu c'est le seul élément qui
me semble totalement plausible...
Sauf que si la fille connaissait son erreur, elle aurait dû logiquement le
surveiller comme le lait sur le feu et s'affoler au premier signe de mal être
non?
Note: A noter tout de même la
blague classique de l'indignation contre le monde médical: "je suis sorti
dans le couloir mais j'ai vu personne" ben oui les infirmières sont dans
les chambres ou en salle de soin, rarement en train de faire les connes dans un
couloir malgré une idée répandue...
Alors que
penser en conclusion? Et bien pas grand chose et seul l'autopsie pourra
m'éclairer...
Ainsi en fin
de compte la solution la plus plausible me semble celle ci : l'infirmière a
fait une erreur en préparant qu'elle n'a pas réparée et/ou a pris la
préparation en sachant ce qu'il y avait dedans mais convaincue que ça ne
poserait pas de problème (ce n'est que du magnésium!) a quand même fait
l'injection.
Ensuite le gamin déclenche une patho cardiaque mais comme cela n'est pas prévu
au programme des angines personne ne fait attention et le transfert arrive trop
tard et c'est le drame.
Enfin morte de culpabilité l'infirmière se dénonce et reçoit sur elle toute
l'opprobre... Avant même qu'on connaisse les causes réelles et exactes de la
mort de l'enfant...
Un peu à vide en ce moment les médias reprennent immédiatement cette belle
histoire d'enfant mort (je vous parie 3 euros qu'avec un vieux ça n'aurait même
pas intéressé "paris boum boum"...), les syndicats, Pelou etc... Et
hop nous avons le kouglof de noël sur le thème les hôpitaux vont mal etc !!!
(on ne peut pas avoir de tsunami tous les ans ;) )
Ceci dit et
au delà de cette histoire :
- C'est vrai que c'est le bordel absolu dans les hôpitaux et cliniques au
moment de Noël, au moment de toute l'année d'ailleurs... (Mais est-ce un
scoop?)
-Il est plus
que temps que les gens qui ne savent rien de rien sur un sujet arrêtent de
donner leur avis, les propos entendus sur cette histoire sont totalement
hallucinants, haineux, stupides, lamentables...
- Le coup du
"je veux que tout le monde soit sanctionné" ne choque carrément plus
personne puisque bien sur la victime a le monopole du savoir : youpi !
- Il y a
dans cette affaire un autre aspect de type bombe a retardement que tout le
monde voit mais dont personne ne parle... Dans combien de temps va t il arriver
à jour? Faites tous vos paris!!
- La garde à
vue est du pur délire bien dans la nouvelle habitude française... Cette
infirmière est toujours présumée innocente, et en tous les cas dans une
histoire d'erreur sans préméditation et en plus elle s'est présentée
spontanément !! En 24 heures elle a donc eu largement le temps de raconter son
histoire non?? (et question subsidiaire : à combien de fouille au corps va t
elle avoir droit, elle?)
Mais non,
bien sur non, pas de pitié pour la bonne victime expiatoire médiatique
car Agir e(s)t
sanctionner.
Des fois
je...
Des fois.
Le magnesium mystere: la solution ?
Attention : La version des faits donnée
ici n’est qu’un bruit de couloir parisien et n’a rien d’officiel. Cependant
elle me semble la seule explication plausible et logique à cette histoire.
Il semble que tout soit parti d’une erreur
majeure de la pharmacie centrale de cet hôpital. En effet dans cet
établissement les armoires à pharmacie des services (où les infirmières
trouvent les médicaments qu’elles vont donner aux patients) sont remplies
directement dans la pharmacie centrale.
C’est donc dans cette pharmacie centrale que
quelqu’un aurait mis un soluté ultra concentré en magnésium (normalement
réservé à la préparation de certains solutés très précis et qui ne sort jamais
dans les services) au milieu des poches de perfusion habituelle (glucosés). En
clair par erreur quelqu’un a mis une capsule de cyanure dans un paquet de
bonbons au sucre.
Dans le service, l’infirmière en question,
lorsqu’elle a du renouveler le soluté de réhydratation de l’enfant a pris la
première poche qui lui tombait sous la main dans le bac habituel des glucosé…
Et pas de bol c’est tombé sur elle… Et sur l’enfant. (Cette version des faits
explique aussi par ricochet pourquoi le service a mis du temps à réagir… (Cette
histoire est totalement improbable !!) et aussi comment l’infirmière a su
qu’elle était coupable en vérifiant simplement (mais un peu tard) ce qu’elle
avait injecté à l’enfant.)
Alors qu’en penser ?
Bien sûr l’infirmière aurait du vérifier ce
qu’elle injectait… Mais cette histoire est le pire piège possible car il touche
un acte quotidien et ultra banal que nous avons tous fait des millions de fois…
Sans vérifier…
Donc si elle est coupable nous le sommes tous
et la vraie morale de l’histoire c’est que dans les soins infirmiers les plus
graves dangers ne viennent pas des actes techniques complexes que nous faisons
en pleine concentration… mais bien des actes banals que nous effectuons presque
les yeux fermés en faisant confiance à l’équipe…
Oui mais comment faire autrement ?
En tous cas, si cette version est la bonne, cela confirme que le Docteur Pelou a perdu une occasion de se taire (mais pas de passer à la télé): Ce genre d'accident n'a rien à voir avec la charge de personnel...
Et le téléphone a sonné.
Et le
téléphone a sonné en cette fin d'après midi pour m'apprendre que madame Q est
morte.
Nous sommes le 23 décembre et madame Q est morte sans prévenir.
Cela fait pourtant plusieurs jours qu'elle attendait sa transfusion de lundi,
depuis vendredi quand le labo était revenu avec une hb à 7.5 on savait qu'elle
ne faisait pas de comédie, qu'elle était vraiment essoufflée, vraiment
fatiguée. Tellement essoufflée et fatiguée que j'avais même voulu la faire
hospitaliser samedi matin mais... Mais le service qui devait l'accueillir
lundi n'a bien sûr ( !) pas pû la prendre plus tôt… Et oui c'est
noël !! C'est le week end !!!, C'est même le week-end avant noël…. Alors
son médecin généraliste qui était de garde ce jour là (mazeltof!) a prit la
décision d'attendre lundi et de ne pas l'envoyer aux urgences (Pour quoi faire
d'ailleurs? Rester à poil 6 heures sur un brancard avant qu'on ne lui dise de
rentrer chez elle attendre la transfusion de lundi?).
Alors elle est restée chez elle. Je suis passé exceptionnellement la voir
dimanche matin pour l'aider à la toilette et puis lundi encore comme je le fais
depuis 4 ou 5 ans... Elle était essoufflée mais on a encore dit des bêtises...
Mais ce soir le téléphone a sonné.
Mais ce soir le téléphone a sonné et je suis profondément en colère. Pas contre
les médecins ni la prise en charge (il n'y avait surement rien à faire même si
je n'aimerai pas être le médecin généraliste ce soir...) mais en colère
profonde contre tout ça en général.
A-t-on le droit de mourir un 23 décembre?
A-t-on le droit de mourir quand dans la rue toutes les familles s'accueillent
sur le pas des portes, quand les voitures sont pleines de paquets et que les
derniers acheteurs finissent leurs dernières courses en accélérant le pas ?
Et moi? Je fais quoi maintenant avec cette histoire? Je fais quoi maintenant
que je sais ça? Je bosse déjà non stop depuis mercredi dernier et jusqu'à
dimanche, je me lève à 6 heures pour aller voir mes petits vieux et mes
patients, tous ceux qui ne sont pas en vacances... et je fais quoi avec cette
histoire?
Mais moi je fais quoi dans et avec cette histoire? C'est quoi le sens? C'est
quoi la morale? C'est quoi l'Idée de tout ça?
Est ce qu'un jour, au moins quelque chose me sera épargné dans ce putain de
job?
Alors par
ricochet je suis aussi en colère contre tous ceux qui me serinent toute l'année
que je suis trop violent, trop acide, trop cynique... Mais ça c'est quoi à coté
?
Depuis ce soir je repense à cet éditeur germano pratin qui m'a dit avoir été
gêné par la "désespérance" de mon texte, gêné qu'à mon âge on puisse
écrire des choses si noires et si "désespérées" mais combien de noël
a-t-il passé seul devant sa buche et Arthur parce qu'il est "de
garde"? Combien de coup de fil de ce genre a-t-il reçu dans sa vie?
Combien de 25 décembre ou de 1° janvier a-t-il traversé la ville au petit jour?
Ah mais oui
c'est vrai, moi j'ai la "vocation" comme me l'a dit le fils d'une de
mes patientes, comme me le répètent tous ceux qui ne veulent pas comprendre,
qui ne veulent pas voir, qui se cherchent des excuses. J'ai la
"vocation" et ça explique tout n'est ce pas?
Alors ce soir je suis content pour ceux à qui ça explique quelque chose parce
que moi pour ma part je ne comprends vraiment, vraiment plus rien....
Les infirmières libérales sont elles des vendues (en plus d'être nonnes, bonnes et connes) ?
Ça y est le texte limitant la liberté d’installation des infirmières libérales est sorti. Vous en avez vaguement entendu à la télé (sous le thème toujours sobre du « les infirmières signent un accord avec le gouvernement pour pourvoir être encore augmentée (ces salopes) ») mais qu’en est-il vraiment ?
Revue de détail de l’accord du 17 octobre 2008.
Historique (part 1) : Depuis
des années la politique de l’état a été de réduire au maximum les causes et les
durées d’hospitalisation, faisant un relais systématique vers le domicile et
les « soins de ville ». CQFD depuis quelques années les soins de ville
(infirmières en tête de ligne) explosent.
Historique (part 2) : Il y a
deux ans, après une mini grève (vous en souvenez-vous ?), les infirmières
libérales, défendues par la totalité des syndicats avaient obtenu un accord
revalorisant leurs actes qui n’avait pas bougé depuis 10 ans (rien que ça).
Cet accord de revalorisation avait alors une double détente : une première
augmentation en août 2007 puis une deuxième en août 2008.
Ainsi l’AMI 1 (acte de base infirmier, celui qui correspond à la fameuse piqûre
de l’infirmière) devait passer de 2.90 € à 3 € (au 01/08/07) puis à 3.15 € (au
01/08/08) (soit une fortune(!), ces montants étant des revenus bruts pour nous
bien sûr).
Sauf que :
1- Arrivé au 01/08/07 le gouvernement a oublié de faire passer le
décret d’application (c’est bizarre non ? Un oubli arrive si vite) qui n’est
passé que deux mois plus tard, reniant tranquillement ses propres engagements.
2- Quand la deuxième échéance a pointé le bout de son nez, le
gouvernement, revenant une deuxième fois sur son propre accord, a décidé que
non en fait ils ne pourraient pas nous augmenter si nous ne faisions pas des
efforts pour le trou de la sécu… Et il a trouvé la solution : si on veut
cet argent qu’il s’était déjà engagé à nous donner après un premier accord
(dont les discussions furent pourtant loooongues) et bien il fallait renoncer à
notre liberté d’installation. Broncha générale et refus mais le gouvernement a
finalement trouvé trois pauvres syndicats pour signer quand même et hop
l’accord du 17 octobre est sorti.
Note
1
: Qui
sont ces syndicats qui ont signé ?
Il faut savoir que peu d’infirmières libérales sont trés peu syndiquées (8%
d’après ce que je crois savoir mais c’est un chiffre à vérifier) et que les
syndicats sont légions. Ces trois syndicats représentent donc en gros… rien,
personne voire que dalle de la profession. Mais bon, leur signature
suffit à valider un texte. Magique non ?
Note
2
: En
quoi réduire la liberté d’installation des idel va-t-elle sauver le trou de la
sécu ?
:
C’est une
bonne question et je vous remercie de la poser. Jusque là le l’installation de
cabinet était totalement libre, l’infirmière s’installant où elle veut, et
prend les soins qu’elle veut, laissant à la loi de l’offre et de la demande le
rôle de réguler le nombre (quand il y a trop d’infirmières dans un coin
forcement elles plient bagage).
Mais le gouvernement a une autre vision des choses. Estimant que les idels sont
en surnombre dans certains territoires, il en conclue logiquement que celles
qui restent, pour gagner leurs vies… truandent la sécu et se font facturer des
soins totalement inutiles. Ben vi. Si elles arrivent toutes à vivre en étant
aussi nombreuses ce n’est pas que la demande augmente (non, non), c’est que les
idels sur-facturent leur soins, cette bande de salopes. Et le fait que leur
répartition soit héliotropique n’a rien à voir avec une quelconque
superposition des populations vieillissantes (oui la majorité de nos soins vont
au retraités, scoop : le vieux est plus malade que le jeune de trente ans, donc
plus il y a de vieux plus il y d’ide) mais plutôt qu’en plus de truander la
sécu, cette bande de salopes feignasses veulent vivre en plus au soleil et prés
de la mer(!).
Donc en répartissant lui même les idels le gouvernement pense que celles qui
resteront au soleil vont vraiment bosser (et ça les changera ah ah). Et que les
autres n’auront qu’à aller en Loraine ou retourner à l’hosto. Logique CQFD :
Pour le gouvernement l’explosion des soins de ville n’est pas en lien avec la
politique de l’hôpital mais bien avec l’esprit de parasite feignasse héliotrope
de ces connes d’idels.
NDLR : Les esprits
malicieux noteront que pour vérifier la réalité des soins effectués il suffit
d’envoyer un inspecteur pour les cas suspicieux. Mais bizarrement, bizarrement
( !)…Non ça n’a pas été envisagé (ne prenons pas de risque).
Ceci dit le décret du 17 octobre 2008 en quoi
consiste t il ? : En échange de notre augmentation qui nous
était déjà due (et qui est repoussé au 15 avril 2009 ! Enfin si elle est
appliquée un jour bien sûr) le gouvernement à décidé de recenser toutes les
idels du territoire et de faire une belle carte recensant les zones sur
dotées et sous dotées : ici et ici
En
conséquence : une nouvelle installation dans un zone « sur dotée » sera
impossible. Sauf à reprendre un cabinet déjà existant.
A l’inverse les installations dans une zone « sous dotée » seront aidées d’une
« prime » de 3000 euros sur trois ans pour acheter du matériel. (C’est bien
mais je ne vois pas quel matériel propre à l’exercice infirmier coûte ce prix
(9000€ !), donc autant dire en clair que personne ne verra jamais la couleur de
ce fric).
Quelles
en seront les conséquences ? :
1-
Pour moi
: Bonne nouvelle (et oui !?!) le gouvernement me fait un cadeau. Mon cabinet
qui jusque là ne valait que dalle en cas de vente (pourquoi acheter une
clientèle quand il suffit de poser sa plaque pour s’en faire une) vient de
prendre de la valeur. Si je pars un jour je pourrais le vendre à la jeune qui
se lance en libéral derrière moi et qui sera obligée d’acheter un cabinet. Pour
toutes les vieilles ides (majoritaires dans les syndicats ? Nooon qui a dit ça
?) c’est donc le pactole assuré pour le départ en retraite. La crise ce n’est
pas pour tout le monde.
2-
Pour vous :
Et bien c’est clair le nombre d’ide va diminuer. ! Or c’est ballot je n’en
connais aucune qui rame pour trouver des patients. En clair c’est déjà souvent
la galère pour vous… Et bien ce n’est pas fini ! Surtout que les soins de ville
avec le vieillissement vont encore continuer de progresser…
3-
Les toilettes
c’est mal barré : Autant le dire tout se suite le gouvernement
n’attaquera pas les soins sur prescription puisqu’ils viennent des médecins. La
cible prioritaire sera bien sur les fameux AIS qui servent à payer les
toilettes. Je vous en parlais il
n’y a pas si longtemps et en voici la preuve : le gouvernement avance ; peu à
peu les toilettes par idels vont devenir impossibles (c’est déjà pas simple de
trouver une infirmière libre alors si elles sont moins nombreuses) . Et en
clair qui va se retrouver à torcher mémé ? : Et ben vous. Ou la bonne.
4-
Si on est moins
nombreuses et débordées, les petits soins à 3.15 Euros vous pourrez toujours
vous brosser pour qu’on les fasse (après l’automédication je
vous conseille d’apprendre l’auto-piqûre ce sera plus simple)
5-
Ces règles
ne concernent que les idels qui veulent exercer dans le cadre du
conventionnement sécu. En clair que les gens qui (comme moi) s’engagent
à respecter strictement les tarifs imposés par la sécu et qui en retour ne
payent pas de cotisation sécu. Mais les soins infirmiers déconventionnés (le
fameux secteur II) existent !!! En clair si un infirmier accepte de payer ses
cotisations sécu (soit 4000 € par an) il a le droit de s’installer où il veut
et d’appliquer les tarifs qu’il veut et donc de faire des dépassements.
Evidemment pour l’instant comme les idels sont nombreuses et que la majorité
est conventionnée cela est rare. Mais si la demande explose (comme c’est
probable) et que l’offre d’idels conventionnées diminue (comme c’est
prévu) cette forme d’exercice va logiquement se développer.
Ainsi, le jour où vous aurez une piqûre à faire : soit vous galérerez pendant
des heures pour trouver une fille qui vous la fera au tarif sécu à 3.15€ soit
vous appellerez un ide secteur II qui vous la fera à 15 € (remboursé 3.15€).
Dis autrement les riches pourront se soigner les pauvres iront se brosser. Et
on ne vous conseille même pas d’essayer l’hôpital…
Merci
Roselyne !
En
conclusion, vous voyez que ce
texte qui est censé toucher les infirmières libérales vous touche en fait
directement (et touche en fait plus les patients que les
soignants). Mais (c’est ballot !) personne ne vous prévient !! Ben oui comme
pour les franchises en fait, décidément ça devient une habitude.
Ceci dit
comme je suis moqueur je me marre quand même de voir un gouvernement d’essence
libérale ne pas faire confiance à la loi de l’offre et de la demande qui
réglait jusque là les ides… Étrange non cette philosophie de la libre
entreprise qui ne marche qu’une fois sur deux?
Enfin pour
la bonne bouche et pour vous montrer à quel point ils ont bien prévu de rendre
impossible l’installation d’idels, l’article 5 e nous explique que pour
avoir le droit d’effectuer un remplacement infirmier dans une zone « sur dotée
» :
« L’infirmière
a effectué des remplacements durant au moins douze mois, de façon continue ou
non, au soin d’un cabinet dans la zone considérée »
Donc pour avoir le droit de faire un remplacement, il faudra avoir déjà
fait… un remplacement… Et là on se dit que c’est bien parti cette histoire
!!!!
la grippe : ils m'ont mis la fievre pendant des heures...
Évidemment ce ne fût pas simple et
notamment les médecins gueulent parce que le vaccin contre la grippe était
souvent l'occasion d'un "bilan annuel" avec les patients. Et ce n'est
pas faux.
Sauf qu'accessoirement les médecins voyaient en général parfois deux
fois les patients: une fois pour la prescription puis une autre pour
l'injection (repassez me voir avec le vaccin je vous le ferai...). Tout
ceci à 22 euros la consultation, soit 44 euros le vaccin... hum...
Enfin bref, j'ai le droit de faire
ça et comme je suis un bon soldat de la santé publique je viens donc de ré-ouvrir
mes permanences pour que les gens puissent venir au cabinet se faire vacciner.
Tiens pourquoi au cabinet me direz-vous?
1- La Sécu m'oblige (!) à avoir un
local alors qu'il ne sert jamais à rien. C'est donc l'occasion de montrer aux
patients comme je suis bien installé. En plus j'ai mis dans la salle d'attente
une expo exclusive et privée de photos de Pierre Chambre alors...
2- Mine de rien (et plus
sérieusement) aller chez quelqu'un pour faire une injection me prend en gros 20
minutes (trajet, parking, digicode et escalier compris) pour un soin à 3 € (ami
1) et 2.20 € de déplacement. Donc je veux bien être gentil mais je n'ai pas
envie de faire des tournées "spéciale vaccin", ni de me flinguer tous
les jours ma tournée normale en faisant des arrêts impromptus car je n'ai déjà
pas trop de temps à perdre (et pour certains patients, l’heure c’est l’heure !)
Ainsi donc, toutes les semaines, je
prends sur mon temps libre pour ouvrir mon cabinet deux heures (18 à 20 heures
des horaires étudiés évidemment), rien que pour ça et je les attends, gentil le
gars non ? Serviable en tous cas? (en plus si on me le demande gentiment je
peux même faire des efforts sur l'horaire)
Et bien non bien sur, ça ne va pas
du tout.
Pourquoi? Parce que!!
D'abord pourquoi que je ne viens pas
chez eux d'abord ? Il faut savoir qu'il est écrit dans la constitution que
l'infirmier se déplace. Le patient va voir les médecins, les pharmaciens et les
marchands de chez Damart mais l'infirmier et les prises de sang sont à domicile
point barre. Non mais oh, et puis quoi encore?
Donc les patients, tranquilles et sûrs d’eux, me sortent alors "non
mais je n'ai pas le temps de venir chez vous, en plus je suis sûr qu'on ne peut
pas se garer"...
Évidemment comme je me déplace uniquement en deltaplane, je perds un peu le
sens des réalités...
Ensuite comment se fait-il que j'ose
leur demander de me payer? C'est grattuiiiit le vaccin vous entendez ???? On
me l'a bien dit gratuiiiiiiiit!!!
Alors évidemment ça fait longtemps que j'ai arrêté d'expliquer aux gens que
remboursé et gratuit c'est pareil, enfin qu'en tous cas si eux ne payaient
rien, moi je ne travaille pas pour l'amour de l'art (surtout que je ne suis pas
artiste et qu’en plus je n’ « aime » pas mon métier ;)). Ils me payent et ils
seront remboursés donc au final ce sera gratuit pour eux. Pas pour moi (en plus
quand ils payent par cheque je leur laisse toujours minimum 3 semaines pour se
faire rembourser avant que je ne retire le cheque).
Mais non…même avec tout ça, ça
ne suffit pas, ce que je fais est intolérable…
Oui mais pourquoi vous ne faites pas le tiers payant hein pourquoi?
Et bien parce que le soin est payé 3 €. Sur ces 3€, 1.5 € se barrent
immédiatement en charge (Urssaf, assurances) etc.... Il me reste donc 1.5 €
pour moi. Avec ça si je paye de ma poche le timbre à 0.55€ pour envoyer votre
feuille de soin et attendre d'être remboursé un beau jour (ou peut être une
nuit)... J'aurais donc gagné dans l'affaire 0.95 € et là je dis : Faut pas
pousser mémé dans les orties qui piquent.
Oui je sais je ne pense qu'à l'argent (bah je suis libéral en même temps, vous
auriez pu vous en douter…)
Oui mais avec la carte vitale c'est automatique non?
Et ben oui effectivement si j'avais un lecteur de carte qui puisse facturer ce
qu'on appelle entre nous les "actes isolés" (1 seul soin) je pourrais
peut être vous faire le tiers payant. Sauf qu'un lecteur comme ça coûte 400 € ! A coups de 1.5 Euros par acte isolé il
sera amorti dans… 250 actes !! Or, sachant qu’en gros je fais 30 vaccinations
dans l'année cela fait… 8 ans et demi oui madame!!!
Donc euh... non.
Ainsi donc, régulièrement (voire
tous les jours?) des patients me prennent la tête.
Et n'hésitent pas à me raccrocher au nez avec leur hargne habituelle du "évidemment
si vous ne voulez pas bosser"...
Donc voila, j'aime bien mon métier
mais des fois euh...
Des fois...
J’en ai marre.
Ps1:
Evidemment, vous aviez compris (enfin j'espère…): je ne propose les soins au
cabinet qu'aux gens valides. Ceux qui vont chez leurs médecins. Les autres je
me déplace... (et je fais donc le soin quasiment pour rien oui madame)(mais ne
vous inquiétez pas j'ai l'habitude)
ps2: La cpam dans sa grande mansuétude et pour reconnaître l'effort que nous
fournissons dans cette campagne de santé publique, a prévu de revaloriser ce
soin et de le coter AMI 2 (soit 6 Euros brut wouaaaouh). Sauf que comme j'ai
dit elle a "prévu" de le faire, les négociations "sont en
cours"...
Je ne sais pas pourquoi (j'ai l'esprit mal tourné faut dire) mais je sens que
le décret va finalement passer (si il passe !) en mars.
Apres la fin de la campagne de vaccination, donc.
Ah ben ma bonne dame, faut comprendre, il n'y a pas de petites économies...
L’émission de France 2 : Les infiltrés
Je sens que tout le monde veut mon
avis (on me la demandé 10 fois aujourd'hui) alors le voilà:
Tout d'abord, évidemment que le
contenu ne me surprend pas, je suis le premier à dénoncer ce genre
d'agissements. Donc oui ça existe, mais je déteste ce qu'en a fait dans cette
émission, revue de détails.
Le titre: Ça n'a l'air de rien un titre, c'est un mot certes,
un simple mot. Mais là tout de même ils ont pris comme titre d'émission une référence
assez directe à un film de Scorsese où une bande de flics formidables
infiltrent un réseau de mafieux dealers. Rien que ça! Rien que ça, si on n’a
pas compris ce qu'il vont chercher avant même de filmer!! Cette émission est
donc à charge, fastoche, les gentils journalistes vont dénoncer les méchants
citoyens... (Maréchal, nous voila!) (Pour ceux qui doutent de cet argument
imaginez les mêmes images nommées : "caméra témoin" ou "caméra
cachée" ou "infiltration" ou "caméra espion". Tous ces
titres correspondent au même contenu mais on sent bien que l'angle change,
n'est-il pas? )
Le gentille
infirmière : A un moment on voit une infirmière présentée
clairement comme la "gentille" : elle a "de l'expérience"
donc elle sait de quoi elle parle etc... Cette gentille infirmière râle contre
les soins qui ont été faits la vieille (mal) et contre le médecin (absent).
Soit. Sauf qu'a y regarder plus prés...
Tout d'abord la gentille infirmière fait des pansements directement dans un
couloir (1° pansement) et rien que ça vaut pour un blâme. Ensuite la gentille
infirmière balance "tss la fille de la veille elle a marqué "fait
les pansements" mais en fait elle n'a rien fait"... Et bien sûr
il n'y a pas de vérification derrière: Dit-elle seulement la vérité la gentille
infirmière et puis qu'en sait-elle? La seule tentative de vérification est de
demander à la patiente (grabataire) si elle a vu l'infirmière hier ... Vu le
ton employé, la patiente répond "non" bien sur... Accessoirement, si
on avait demandé la date du jour à cette même patiente elle aurait dit 12 mai
1963 sans problème: Témoin de poids donc. Or dénigrer le travail de ses
collègues, en particulier devant des patients (!) est strictement interdit par
les règles d'éthique, bon pour un 2° blâme donc.
A un autre moment la gentille infirmière peste contre un autre pansement (pas
fait, jamais fait hein) sur des jambes oedematiées (dixit à la journaliste :
"même toi tu ferais mieux")... Or sur une jambe comme ça tout
pansement non couplé a des bas de contention est peine perdue. Mais on ne voit
pas la gentille infirmière s'en émouvoir (?).
A un autre moment la gentille infirmière cherche le docteur qui n'arrive pas
(qui n'arrive jamais!!) alors elle souffle, elle râle, elle dit que personne ne
l'aide... Avant d'avoir finalement son injection... (Donc pour un "jamais
là" il agit le docteur?).
Enfin la gentille infirmière est contente, elle a sa piqure de morphine et peut
faire son pansement. Super! Sauf à parier que c'est de la morphine sous cutané
qui :
1- Fait extrêmement mal quand on
injecte
2- A un temps d'action assez lent
(il faut le faire au moins 2 heures avant le pansement)
3- A des risque important de
confusion chez la patiente et de ralentissement du transit donc risque +++ de
constipation.
En conclusion (et malgré ce qui est laissé à entendre dans les images) la
prescription tant réclamée n'était pas si évidente que ça... Et si la gentille
infirmière voulait vraiment bien bosser il faudrait perfuser cette patiente et
traiter sa douleur par un traitement de fond... Sinon la gentille infirmière
aura beau râler, en faire des tonnes et brasser de l'air... elle pisse dans un
violon.
Toutefois si j'attaque directement
comme ça sur une collègue ce n'est pas pour l'enfoncer à son tour, mais pour
montrer simplement l'imbécilité du point de vue proposé qui est totalement
court-circuité par les présupposés du journaliste (sous entendu : celle ci
râle, elle pense comme moi, donc elle a raison) or un regard professionnel voit
que cette personne en particulier n'a aucune (!) raison d'être encensée plus
qu'une autre. Or non cette infirmière est clairement présentée comme "la
" gentille". On part donc très mal.
Grand moment
de télé : La recherche du médecin : Là aussi c’est du grand n'importe quoi… On voit la journaliste qui
cherche un médecin dans les couloirs pour étayer son propos du : les médecins
sont injoignables. Elle erre donc dans les couloirs en couinant
"docteur, docteur"...
Or:
- On ne sait pas quand ces images
ont été prises… (Le lendemain?, la nuit?) ni où… (Est-ce seulement dans
le service ou dans les couloirs de France 2?)
- On ne cherche jamais comme ça un médecin dans une clinique sauf à vouloir
affoler tout le monde... (Normalement on demande aux collègues... on parle
doucement...)
- Quand bien même que prouvent-elles ces images? Dans une grande structure on
n'a pas un médecin à tous les bouts de couloir... Wouaouuhhh merci France 2
pour le scoop!!!
En bref ces images sont donc un simple plan de coupe honteusement dramatisé.
Mais à part ça le témoignage est neutre, donc. Rien que ce plan fout à plat
toute tentative de crédibilité.
Le méchant
infirmier qui parle mal aux patients : Pendant
qu'elle fait une nuit (une seule hein, on ne sait jamais) la voix off prévient
"au cours de la nuit un aide soignant perd patience"... Et on
voit donc un professionnel s'avancer vers la journaliste et expliquer " Tu
ne connais pas la meilleure? Monsieur machin s'est enlevé la couche, a foutu de
la merde partout et est en train de la laver"... Puis on voit de biais
(très flou) ce même professionnel dans la chambre de monsieur machin
apparemment en train de nettoyer les sol et de refaire le lit (Note: monsieur
machin a visiblement une chemise propre et une couche propre, il a donc été
soigné, il est assis dans un fauteuil à coté du lit pendant qu'on lui change
ses draps) et là horreur malheur!!!!, Alors que monsieur machin (visiblement
perturbé) revient marcher dans les traces que le soignant nettoie, ce fameux
soignant lui dit un peu sèchement de rester à sa place et en gros de ne pas
recommencer ses conneries.
Alors OK le ton est un peu sec. Alors OK dans le monde des Bisounours tous les
soignants ressembleraient à Candy et nettoieraient la merde des vieux répandue
dans une chambre avec des sourires et des mots gentils, OK... Mais dans la
vraie vie (la votre, la mienne) quand il est tard dans la nuit (tiens la
journaliste ne précise pas l'heure), quand il y a de la merde partout, quand ce
n'est pas la première fois surement, oui il se peut qu'on soit un peu
"sec" avec le patient. Les soignants sont des humains et celui-ci en
particulier n'insulte pas la personne, il ne la bat pas, il est juste
"sec". C'est regrettable bien sûr, mais bon...
Mais bon je veux bien qu'on juge ce soignant mais alors par quelqu'un qui a
déjà vécu cette situation (et qui a déjà eu de la merde de vieux jusqu'aux
coudes pour voir s'il reste zen). Pour ma part il est hors de question de jeter
l'opprobre sur ce collègue. Trop facile, beaucoup trop facile. En fait le
problème est surtout que ses propos ne cadrent pas avec ce que cherche la
journaliste, ou bien alors qu'ils cadrent pile avec la faute qu'elle est venue
chercher... Donc c'est lui le mauvais soignant, bouh le vilain...
Alors en bref, vous voyez où je veux
en venir : je ne dis pas que ce que montre ce reportage est faux et je peux en
témoigner. Par contre saisir comme ça, sans demander l'autorisation, des
morceaux de vies dénués de tout contexte (en particulier dans des prises en
charges de personnes âgées qui durent des années!!) en plus avec la volonté
bien claire de faire du sensationnel et de distribuer des bons points me
dégoutte carrément.
En plus j'apprends aujourd'hui que
la maison en question a été repérée et que des "sanctions" vont être
prises. Ben tiens. Quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage, vive la
bonne technique inutile du bouc émissaire. Vive la délation et le montage en
épingle! Foutons trois soignants sous les feux de la rampe la haine
confortable, on aura tout résolu et nos vieux seront biens gardés!
Enfin depuis ce matin j'entends des
tas de gens tirer à boulet rouges sur ces soignants etc... Employer les grands
mots d'insupportable etc... Mais j'aimerai quand même dire à tous ces gens que
s'ils veulent que quelque chose change vraiment, plutôt que de cracher sur les
soignants le cul au chaud dans leur fauteuil, les associations d'animation de
maisons de retraite cherchent des bras. Venez aussi voir ce qu'est la prise en
charge des personnes âgées, venez vous aussi vous faire mettre en épingle les
trois minutes par jour ou vous n'êtes pas "au top" et après , peut
être, peut être que votre avis aura le moindre intérêt.
Quand à la journaliste qui fait ça,
vu qu'il y a plainte sa couverture va forcement sauter, fin de l'histoire pour
elle, bien fait.
Quand à France 2 si elle veut
continuer cette émission avec le minimum de crédibilité, il est impératif
qu'elle fasse un montage avec la date et l'heure exacte sur chaque image, sur
chaque plan, pour qu'on voit au minimum tout ce qui relève du mensonge, du
montage; pour qu'on voit au minimum ce qui relève du n'importe quoi.
Filmer quelqu'un a son insu, monter
ses propos sans vergogne, balancer tout ça sur une chaine nationale sans qu'il
puisse expliquer relève pour moi purement et simplement de la diffamation…
Ps: Ron m'a autorisé à faire un
lien vers sa note, plutôt opposée (de toutes façons c'est une mode entre nous
de n'être jamais d'accord ;)) : sa note.
Rituel annuel.
Comme tous
les ans à la même période j'ai du me plier au rituel du tours des dealers; tour
des dealers du quartier pour donner ma carte, sourire et se faire connaitre
pour qu'un jour, peut être, ils pensent à parler de moi à leur clients dans le
besoin.
Honnêtement je déteste ça.
Pire, je redoute toute l'année le moment où cela doit venir et je me bats
contre moi même un long moment quand le moment est arrivé.
Je hais ces moments ou comme un con tu fais la queue avec tes cartes à la main
puis quand ils lèvent vaguement le regard sur toi au-dessus de leurs lunettes
demi-lune avec un vague sourire lassé...
"Ah oui, vous êtes dans le quartier? Mais vous prenez tous les soins? Où
ça? Vous passez les boulevards? Vous faites les toilettes? Oui je
verrais..." puis il jettent négligemment tes cartes dans un tiroir et te
font comprendre que leur patience a cessé, qu'ils ne t'écoutent plus.
Pourtant la première année j'y croyais, pourtant la première année j'avais même
trouvé ça drôle, tellement "libéral spirit" sauf que... Sauf que dés
la deuxième année je me suis rendu compte qu'ils n'écoutent absolument rien, ne
retiennent rien de ce que tu leur dis, pire ils transforment carrément ce
qu'ils ont cru comprendre (et qui ne les arrange pas)...
Alors chaque année tu repars à zéro. Alors chaque année ils te regardent comme
un parfait inconnu, six fois, sept fois de rang. Alors chaque année ils n'ont
toujours rien compris.
Et le pire dans le fond c'est que je sais exactement ce qu'ils veulent, ce
qu'ils attendent de nous, ce qu'ils cherchent. Comme tout le reste du système
de ville ils n'attendent de nous que des "yes men", que des solutions
rapides aux problèmes qu'osent leur poser les patients. Et puis des gens qui
leur rapportent du fric bien sûr. Des gens qui achètent chez eux sans voir la
marge fabuleuse qu'ils se font, sans la remettre en cause évidemment. Je sais
ce qu'ils attendent de moi, ce que tous attendent de moi... et franchement ce
n'est pas possible… Alors ils font les bouchés en me voyant et moi je reviens
tous les ans faire un tour de manège inutile.
PS: Pour les esprits
chagrins et retords ceci est bien sur une caricature. J'ai des contacts dans
mon quartier avec des dealers de qualités, des gens compétents et attentionnés
dont les bureaux sont de vrais relais de santé et qui m'appellent toujours a
bon escient... bien sûr.
Mais reste les autres.
La CMU et moi
Ici ou là on entend encore des choses sur la CMU qui m'agacent profondément, alors pour une fois je prends la parole la dessus, honnêtement, histoire pour une fois de mettre les choses au clair.
Histoire de les complexifier aussi, tant le débat binaire qu'il déclenche
(gentil public vertueux contre méchants médecins mercantiles) me semble
profondément absurde.
- Tout
d'abord c'est quoi la CMU?
Avoir la CMU
(Couverture Médicale Universelle) c'est lorsque suite à des revenus trop
faibles votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) s'engage à remplacer
votre mutuelle. En clair normalement sur tous les soins : 60% sont pris en
charge par la CPAM puis 40% par votre mutuelle. Ici c'est la CPAM qui remplace
votre mutuelle et vous rembourse 60 puis 40 % de votre soin.
Sans
débourser d'argent votre CPAM joue donc gratuitement le rôle de votre mutuelle
ou dis autrement la collectivité vous offre votre mutuelle: OK pour tout le
monde?
- Qui
peut y avoir droit ?
Elle est
soumise à conditions de ressources uniquement et n'a rien à voir avec votre
état de santé. Pas de revenu = CMU. A noter qu'à aucun moment la réalité de
votre patrimoine n'est envisagée pour votre accès aux soins (vous pouvez donc
être propriétaire, rentier etc...), seuls les revenus annuels comptent.
- Qu'est
ce que ça change pour le soignant?
Prendre un patient
en CMU entraine deux obligations fondamentales pour les professionnels de
santé:
1- Le
tiers payant est obligatoire.
En effet
normalement c'est à l'appréciation du professionnel de faire ou pas le tiers
payant (l'avance des frais!) mais ici non; le professionnel se doit de faire
l'avance. Si après le soin les données du patient ne sont pas à jour, ou si la
sécu traine des pieds pour rembourser tout est donc obligatoirement pour la
pomme du professionnel…
Dans mon cas en particulier je ne fais jamais de tiers payant pour les petits
soins, parce que vu les sommes (entre 4 et 50 euros en gros) je n'ai pas envie
d'envoyer 3 timbres et de pleurer à la sécu...
Mais quand je prends un patient CMU je n'ai pas le choix et je ne peux pas
faire payer le patient… Même si mon soin ne coute que 4,90 euros et que le
patient revient du buraliste avec une cartouche de clopes (et oui c'est du
vécu!).
2- Le
dépassement d'honoraires est interdit.
En clair
quel que soit le professionnel choisi par le bénéficiaire de la CMU (qui, lui,
a la liberté absolue de choix!!) le professionnel est obligé de lui appliquer
un tarif sécu même si il ne le pratique pas d'habitude.
Dis autrement un grand ponte qui facture ses consultations a 200 euros au delà
du tarif CPAM, si il prend un CMU (et il n'a pas le choix!), ne pourra toucher
que le tarif CPAM.
Donc dis encore autrement si vous, pauvre pomme, vous allez voir ce grand ponte
vous aller payer 200 euros + la consultation et évidemment faire l'avance mais
le CMU lui ne payera rien… et la CPAM ne remboursera que le tarif de la
consultation au praticien.
Et on arrive
à ce qui me choque le plus dans le système CMU: Même si l'idée de permettre un
accès gratuit aux soins à tous quels que soient les revenus me semble tout à
fait louable, j'ai la nette impression qu'emporté dans leur bon élan l'état a
de fait crée une catégorie de gens qui ont plus de droit que les autres…
Parce qu'ils sont pauvres les patients CMU ont au final accès à des soins que
vous ne pourriez pas forcement vous payer... Cela est-il parfaitement logique,
voire simplement équitable?
Dis
autrement c'est comme si l'état au nom du "droit à la voiture pour
tous" obligeait tous les concessionnaires à vendre à certaines personnes
une voiture neuve à tarif unique et réglementé. J'imagine la tronche des
concessionnaires Mercedes qui se feraient ensuite rembourser le prix d'une Twingo...
J'imagine aussi votre tronche en voyant ces gens rouler dans la même voiture
que vous vous êtes offerte en économisant… sans l'avoir payée.
Alors évidemment
dés qu'on soulève ce problème on se fait traiter de salaud et de traitre social
etc. Sauf que me concernant, merci, je n'ai plus trop de preuves à donner à
quiconque là dessus et j'estime pourvoir parler librement (et je défie accessoirement
quiconque de prendre ma place et mon salaire avant de m’accuser de quoi que ce
soit…).
Surtout que dans le fond avec la même idée il suffisait d'organiser des
consultations à l'hôpital ou de créer un maillage de professionnels prêts à
recevoir la CMU... Ou alors tout simplement de ne pas interdire les
dépassements! Après tout sur quoi se justifie t il?? Sur quelle idée?
Que le tarif sécu soit remboursé pour les personnes à faible revenu c'est
parfait, c'est évident, mais les dépassements? Pourquoi sur conditions de
ressources certains ont droit d'emblée à ce que vous choisissez de vous offrir
quand vous avez un revenu? Sinon si
l'accès au praticien hors tarif sécu est un droit, pourquoi ne l'est il pas
pour tous?
Sincèrement
je ne comprends pas…
Et pourtant c'est
bien cette règle un peu absurde qui fait que la majorité des médecins non
conventionnés refusent de prendre les CMU. Que feriez-vous à leur place?
Sans parler du fait (interdit d'évoquer) que les CMU sont en plus une
population souvent un peu « particulière » et dont la prise en charge
demande souvent de la... patience. Et qu'ils sont en plus souvent (pas tous
bien sûr bla bla bla) d'une exigence assez délirante... Et pour cause puisque
par texte tout leur est du!
Enfin, ce
qui m'agace le plus dans cette histoire c'est qu'elle cache un bel arbre que
par contre personne ne veut affronter et qui pourtant concerne plus de monde
que la CMU:
Comment les médecins faisant des dépassements
justifient-ils leurs honoraires?
Et par la suite, comment se fait-il que presque plus aucun dentiste ne pratique
les tarifs sécu (alors que tous les infirmiers le font et une bonne partie des
médecins généralistes)?
Ainsi, très
honnêtement je pense qu'il y a un gros problème en France sur la rémunération
des médecins, sur leurs tarifs et sur les dépassements (hum…)...
Par contre attaquer sur les refus CMU est, à mon sens, la façon la plus absurde
de s'y prendre... Surtout quand ceux qui s'y attaquent ne connaissent
strictement rien au problème et se drapent à peu de frais dans une dignité
facile qui ne leur coute pas bien cher…puisqu’ils ne soignent personne…
Voilà, c'est
dit.
Une ténébreuse affaire
Tout à
commencé par un coup de fil au mois d'avril, une surveillante d'un service de
long séjour d'un hôpital public m'appelle pour me proposer la prise en charge à
sa sortie d'un patient paralysé. Elle me jure et crache que ce patient est très
léger, très facile et que sa famille s'en occupe déjà très bien… Elle me dit
après qu'il faut trois passages par jour, je lui dis que je ne peux pas alors
elle enchaine immédiatement en me disant que deux passages ce sera très bien.
Je lui demande de dire à la famille de m'appeler, elle ne le fait pas
(bêtement!) je ne m'en inquiète pas puis enfin un jour la surveillante me
prévient que ça y est, le patient sera chez lui le lendemain.
Et il arrive chez lui et déjà ça commence bien…
Lorsque
j'arrive chez lui le soir je découvre le patient dans son fauteuil coincé dans
un tout petit appartement… Dans sa chambre le lit médicalisé a été posé contre
un mur, coincé dans un coin (pas de bol pour manier un paralysé il faut pouvoir
faire absolument le tour du lit) et coincé entre une grosse télé, un grand lit,
des rallonges partout qui bloquent les roues etc... etc... etc...
Je découvre
en plus que le patient a été largué un vendredi soir sans une seule couche ni
étui pénien d'avance, que je n'ai pas de bassine pour faire la toilette, ni
même de table roulante pour la poser et enfin, enfin, que la famille en
question ne parle que très (très!) moyennement le français…
Heureusement une des belles filles est là et m'aide un peu, elle prend en note
ce dont j'ai besoin, je prends sur moi quand le patient m'engueule et hurle
carrément parce que non il ne veut pas se coucher à 20h mais à 23heures, je me
débrouille alors pour puiser dans mes
réserves personnelles le matériel
nécessaire pour quelques jours de soins et je me dis que tout va s'arranger...
Sauf que non rien ne s'est arrangé et je viens de vivre le pire été de ma vie.
Pourtant au début j'ai largement donné du mien… En plus de puiser dans mes
réserves perso, je découvre que la famille est totalement larguée et ne
comprends rien alors avec l'aide la précieuse belle fille que je croise le
soir, je les aide à mettre en place les relais nécessaires (en matériel,
médecin, kiné, orthophoniste etc...).
Evidemment
pour ses efforts il ne me sera dis ni merci ni merde mais j'ai l'habitude et je
laisse le temps faire son œuvre.
Sauf que le temps passant j'ai réalisé peu à peu que c'était un piège total. La
précieuse belle fille s'est barrée à l'étranger des le premier juin ne me
laissant comme relais que la femme du patient, qui pour le coup ne parle pas un
mot de français, est gravement cardiaque, et ne comprends rien à rien… A peine
le soir, un des fils daignent parfois faire leur apparition, ils ne me disent
alors pas un mot (même pas bonjour!), écoutent d'une oreille distraites mes
différentes suppliques et ne font rien, m'obligeant à tout recommencer tous les
soirs.
Tous les
soirs j'arrive donc et la chambre du patient n'est pas prête, les draps pas
mis, les fringues pas préparées, le matos non plus, la télé bloque l'accès...
et on me fait bien comprendre que si je veux quelque chose je n'ai qu'à aller
le chercher. Les soins durent une heure 10 le matin et 50 minutes le soir ce
qui est le double du temps nécessaire normalement (ni merci, ni merde).
Je pète un plomb et je lance au médecin un sos, elle me dit qu'elle comprend,
qu'elle va se renseigner sur le pourquoi de cette sortie mais que pour
l'instant ben... je dois continuer.
Et ça continue.
Le patient est hospitalisé en urgence pour occlusion (vous ai-je dit que le
patient refuse tout traitement concernant les selles or c'est un problème
majeur pour les paralysés?), la famille ne me prévient pas le matin (je viens
et je reste devant la porte comme un con pendant 10 minutes, impossible de
joindre personne (ni merci, ni merde)) puis le soir comme à son habitude le
service des urgences l'ayant lâché à 23 heures (!) les fameux fils m'appellent
chez moi pour me dire (de façon passablement agressive) qu'on m'attend pour le
coucher. Je suis en soirée, a 30 minutes de chez eux et eux qui ont été
incapables de me prévenir le matin m'appellent 3 fois pendant le trajet pour me
demander ce que je fais et quand j'arrive (quand je partirais à plus de 00h00
ni merci ni merde évidemment).
Le médecin me rappelle quelques jours plus tard pour me dire qu'après avoir
harcelé le professeur du service de long séjour elle a eu le fin mot de
l'histoire: En fait le service ne voulait plus de ce patient et l'a largué au
premier con un peu naïf qui en a bien voulu… Raison évoquée clairement :
patient agressif et famille ingérable. Evidemment, tout retour en arrière est
impossible. Le médecin généraliste (un grand merci à lui d'ailleurs) monte en
pression et ils finissent pas accepter de le reprendre, peut être, peut être
début aout afin de réorganiser une sortie domicile plus carrée.
Mais entre temps je dois continuer.
Entre temps justement la famille a pris une grande décision: ils vont emmener
leur père à l'étranger pour le mariage d'un cousin(!). Devant mon air sceptique
ils me jurent alors main sur le cœur que bien sûr ils prendront une infirmière
et un kiné là bas et que tout ira très bien... Le médecin me jure alors à son
tour qu'au retour le patient retournera très vite en long séjour alors je me
dis que c'est peut être le bout du tunnel.
Sauf que non, bien sûr que non. Tout d'abord au retour on apprend que le
professeur étant en vacance toute entrée au service de long séjour est
impossible, en plus ils ont perdu le dossier et n'ont jamais entendu parler du
retour de ce patient (ben voyons!). Moi je retrouve mon patient pas trop mal
sauf qu'il a perdu un tiers de sa masse musculaire rendant la rééducation
difficile et qu'il est devenu parfaitement incontinent. En fouillant dans le
dossier qui l'a suivi à l'étranger (et en contradiction totale avec ce que
m'ont raconté les fils la main sur le cœur) je verrais qu'il n'a vu aucune
infirmière là bas (les fils ont décidé que c'est sa femme qui ferait la
toilette), qu'il a été hospitalisé en urgences pour occlusion et qu'en 15 jours
il a fait...2 séances de kiné…. Et c'est là que j’ai réalisé. C'est là que j’ai
réalisé qu'en plus de tout cette famille est carrément dangereuse pour son
père. C'est là que j’ai réalisé que même s'ils veulent absolument donner
l'image sociale d'une famille qui prend bien soin de ses ainés (bien sur!), dans
les faits ils n'ont en fait aucune envie de faire des soins corrects…
Un soir je coince enfin un des fils et nous parlons franchement et là la vérité
éclate: ils veulent que leur père soit pris en charge le mieux possible mais ils
refusent de faire le moindre effort pour ça, c’est a nous de s’occuper de lui
de A à Z gratuitement... Je lui dis alors que le domicile n'est pas possible
dans ces conditions car nous sommes là pour accompagner une prise en charge à
domicile mais pas pour tout faire, je lui conseille donc une maison médicalisée
et là il me regarde comme un ovni débile : mais mon père ne pourra pas tout
payer et nous ne pouvons rien donner !!! (Pour info le patient a dix fils dont
8 travaillent) alors je jette l'éponge en réalisant que (dis autrement) ils
sont prêts à prendre et totalement demandeur de tous les soins à domicile
gratuit (ide, kiné etc...) mais refusent de verser le moindre centime, ou de
perde le minimum de temps… En gros cette famille exige une maison de retraite
gratuite et à domicile, et ils m'expliquent par A + B qu'ils en ont parfaitement
le droit!! Voire que c’est un du et que de toutes façon c'est mon boulot (et
que je n'ai qu'a fermer ma gueule et faire tout ce qu'ils veulent)!
Alors pour
la deuxième fois dans ma carrière j'ai utilisé mon droit de retrait… En clair
je leur ai pondu une lettre les avertissant que quoi qu'il arrive j'arrêtais la
prise en charge dans trois semaines car le minimum de sécurité nécessaire n'était
pas assuré… Quelques jours après ils ont trouvé quelqu'un d'autre pour faire
les soins (alors que je leur demandais de trouver un relais depuis des mois
sans succès...) et la suite n'est (enfin!) plus mon problème, j'ai donc joué
moi aussi au grand jeu de l'été du monde hospitalier français (à tous les coups
tu gagnes): La patate chaude.
Si je vous
parle de cette histoire aujourd'hui, en plus de passer un coup de gueule
(inutile mais salutaire pour ma santé mentale) sur les trous béants de la prise
en charge à domicile des patients difficiles c'est qu'il y a aussi un aspect
que j'ai passé sous silence jusque là : cette famille est d'origine nord
africaine.
Cette famille est d'origine nord africaine et j'ai passé les trois quart du
temps de cette prise en charge chaotique à me culpabiliser et à me
demander sincèrement si à force de lire des livres sur le nazisme je n'étais
pas devenu complètement raciste et incapable de m'adapter à d'autres
cultures...
Sauf que,
quand même, au bout d'un moment, j'ai fini aussi par me rappeler que j'ai
grandi dans un banlieue ou aucun de mes amis n'avait de parent français d'origine,
que j'ai vécu 6 mois avec un algérien, que j'apprécie beaucoup cette culture et
que donc il faudrait un peu arrêter le délire et la culpabilisation !
Alors
pourquoi ai-je mis autant de temps à accepter la simple conclusion
logique d'une famille de bras cassé profiteurs? Pourquoi pour cette
famille avec ma collègue et avec le médecin, les mots "respect de la
culture" sont-ils venus aussi souvent pour couvrir une attitude clairement
insuffisante? Pourquoi devrais-je me sentir « plus » redevable envers
eux alors que seul le père est né à l'étranger et que les enfants sont français
et connaissent parfaitement notre mode de fonctionnement (comme ils le prouvent
d’ailleurs)?
Pourquoi,
pour cette famille, le fait d'avoir des origines nord africaines a-t-il « excusé »
un bon moment des choses que nous n'aurions jamais accepté autrement?
Pourquoi
nous sommes nous tous d'instinct senti d'abord coupable, au risque même de
finir par mettre en danger la santé du patient?
Pourquoi
suis-je aussi gêné quand je dois expliquer ce fait et dire le mot
"arabe" devant des amis?
Pourquoi ai-je
peur de passer pour un raciste alors que je sais pertinemment que je n'ai aucun
problème de ce type?
Ces
questions tournent et tourneront encore un bon moment dans ma tête...
Mort prévue des cabinets infirmiers: vous êtes prévenus!
Les
faits:
Extrait
de "La dépêche du midi" :
Les professionnels des soins
infirmiers sont inquiets. Dans le cadre de la grande réforme du système de
soins, prévue à l'automne, le ministère de la Santé envisage de confier
certains actes infirmiers (soins de toilette, distribution de médicaments,
etc.) à d'autres types de personnels, auxiliaires de vie ou aides-soignantes.
Une mesure qui permettrait,
selon le gouvernement, de faire face à la pénurie d'infirmières dans un
contexte de réduction des dépenses de santé. Évolution démographique oblige, la
moitié des 500 000 infirmières partiront à la retraite d'ici 2 012 !
Mais pour les syndicats,
cette déréglementation n'est pas une solution. « Dans le domaine médical et
paramédical, on ne peut pas déléguer les soins à n'importe qui », dénonce
Daniel Jolivet, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) pour
la Haute-Garonne. « Les auxiliaires de vie ont un champ de compétences très
limité. Le diagnostic infirmier est beaucoup plus complet, il assure la qualité
et la sécurité des soins ». Daniel Jolivet accuse l'état d'avoir une simple
vision comptable de la Santé, l'objectif inavoué de cette nouvelle mesure étant
selon lui de « faire baisser le chômage » tout en « rognant sur les dépenses ».
Avec le vieillissement de la
population, le « marché » de la dépendance est en effet en plein essor. La
secrétaire d'état à la Solidarité, Valérie Létard, espère ainsi créer 400 000
emplois dans ce secteur avant 2 015. « Cela revient à niveler la santé vers le
bas. Ce qu'il faut, c'est remplir nos écoles d'infirmières », estime Dominique
Lahbib. La secrétaire générale de la CGT- Santé demande une revalorisation du
métier d'infirmière. « S'il y a pénurie, c'est à cause des conditions de
travail, qui ne cesse de se dégrader, et parce que l'état refuse de reconnaître
le niveau bac + 3 de la formation, qui l'obligerait à payer plus cher les
nouveaux diplômés ». En début de carrière dans la fonction publique
hospitalière, une jeune infirmière ne touche qu'1,1 Smic.
Les malades aussi seraient
touchés par cette mesure. Si certains soins infirmiers ne sont plus considérés
comme « médicaux » et sont délégués à d'autres personnels, ils ne seront plus
remboursés par la Sécurité sociale. « Au plus grand bénéfice des assurances
privées », note Dominique Lahbib.
Et
alors me direz-vous ? Moi je m'en fous je ne suis pas infirmier et je n'ai pas
besoin de toilette or...
Les toilettes comment ça
marche?
Le problème
principal est que les toilettes sont la seule source de revenu de certains
cabinets (dont le mien). En clair et pour parler chiffre une toilette m'est
payée 15 € +2,20 € de déplacement et me permet d'assurer ma survie vu que les
autres soins sont payés "peanuts" voire "que dalle" (une piqure
= 3 € + 2,20 déplacement ; un pansement simple 6 € + 2,20 €): Faire des
toilettes m'assure don un chiffre de base et je peux alors prendre ce qui se
présente (les autres soins)
Note : !!! Pour info les chiffres
présentées ici sont bruts!!!, 50% de ces sommes disparait immédiatement en
charges. Sachant maintenant que je ne peux faire que deux toilette par heure...
Faites le calcul : 15 € net de l'heure entre 7h et 13 h pour un bac+ 3 ouaf!!!
Ca défrise!! A moi les jets et les piscines!!!. Pour les piqures en gros, c'est
aussi la fête car j'arrive à en caler quatre par heure (je suis en ville donc déplacement,
garage, sonnette etc...), donc 6 € de l'heure !!! Yahou!!! Je suis un prince...
au Bengladesh.
Pourquoi le gouvernement
veut-il faire ça?
Ils ont
plusieurs raisons:
1 - Manque de personnel hospitalier: L'argument est clair, au lieu de gagner
votre vie en ville vous n'avez qu'à retourner à l'hosto vous faire traiter comme
des merdes sous payées... Sauf que si on est parti il y a une raison...
2 -
Raisonnement à faire fondre la banquise: Interrogée sur ce sujet une
responsable de syndicat m'a rapporté que les grosses têtes de l'assurance
maladie ont eu le raisonnement brillant qui suit : Plus il y a d'infirmières,
plus il y a de soins infirmiers effectués (!) donc conclusion logique... C'est
l'offre qui provoque la demande!! Donc en diminuant l'offre, la demande va
baisser... logique non? Alors moi je dis étant donné que plus il y a de route
en France plus on a d'accidents de voitures il serait logique de rendre son autonomie
à la Bretagne et au pays basque pour faire baisser les chiffres de la sécurité routière...
3 - Beaucoup
plus insidieusement (et pourtant beaucoup plus réellement) si la CPAM ne
rembourse plus ces soins et que ces soins sont assurés par les aides ménagères
leur coût glisse en fait de l'Etat... aux régions (qui fournit l'APA
(allocation personne âgée) qui paye les aides ménagères) Malin !! Et en plus
comme ça ils pourront dire que la gauche augmente les impôts locaux... Vous par
contre vous payerez les mêmes charges et juste plus d'impôts locaux... pour
moins de soins.
Note: Je ne mets volontairement pas l'argument
financier en ligne de mire. Arrêtons de rire : qui acceptera de venir chez
quelqu'un toute la semaine, toute l'année, les dimanches et les jours fériés
compris pour moins de 7,5 € net?
Oui mais au fond est ce
aux infirmiers de faire les toilettes?
C'est bien
le problème: Evidemment il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour torcher un
vieux. Sauf que justement l'infirmière ne fait pas que torcher ; pendant la
toilette tous les jours on voit nos patients, on voit leur état cutané, on voit
leur état physique, on parle avec eux et on peut prévenir les médecins avant
que les problèmes ne soient trop graves...
D'autre part désolé mais si, une toilette ca s'apprend!! On ne manipule pas
tous les patients aussi facilement, certains ont des prothèses, des réductions
de mobilité, des pansements, certains tombent... La salle de bain est l'endroit
idéal pour les chutes et les accidents domestiques... Finalement nettoie-t-on
un vieux comme on nettoie un meuble? Alors évidemment les filles pourront être
formées mais quel est l'intérêt de la démarche : on vire les gens formés pour
les remplacer par d'autres, qu'on va former à leur tour...(?)
De plus faire une toilette n'est pas anodin. Pour le moins avec ce soin on
rentre dans l'intimité des gens, dans le corps, les confidences... Peut-on
confier nos anciens aux premières venues (les aides ménagères par définition
n'ont aucune formation)? Surtout que dans ce cas on peut voir que certains
malades n'auront pour seule visite au cours de la journée que les aides
ménagères...Qui feront donc ce qu'elles veulent (soyons clairs: y compris vol
et maltraitance! Certaines de ces filles sortent de nulle part!!). D'expérience
j'ai eu suffisamment de soucis avec certaines pour savoir qu'un regard extérieur
est loin d'être du luxe... (allez pas de mails incendiaires, évidemment la
majorité sont des personnes formidables, heureusement (et qui d'ailleurs en
général sont ravies de notre passage et sont une ressource) oui mais reste la
minorité...). En bref dans un secteur clairement défini comme le prochain
eldorado (où donc tout le monde va fondre attiré par l'appât du gain) le médecin
passant seul une fois tous les 15 jours ou une fois par mois suffira-t-il à
assurer la sécurité physique et morale de nos ainés?
Enfin dans
la foulée le gouvernement veut donner aussi le droit aux aides à domicile de
distribuer les médicaments...Ben oui, encore une fois il ne faut pas sortir de
Saint Cyr pour mettre trois comprimés dans une boite, n'est ce pas? Sauf que
chaque traitement a des effets secondaires que les infirmiers sont habitués (et
formés!) à surveiller (en faisant le lien avec les bilans bios et en appelant le
médecin par exemple)... Distribuer des médicaments veut donc dire avant tout
surveiller les effets secondaires... Mais au fond on s'en fout non? Si il y a
un problème on les enverra à l'hosto et basta! Non?
Non
mais sans pousser tous les vieux que tu laves ont vraiment besoin
de toi tous les jours?
Et bien je
vais être franc, évidemment que parmi mes patients il ya des
"petites" toilettes et "grandes" toilettes. En clair il y a
des mamies qui marchent bien et que je douche simplement...et des personnes
totalement grabataires. Sauf que soyons clairs, économiquement parlant j'ai
besoin des uns pour faire les autres; quand une de mes toilettes fait 50
minutes j'ai besoin après de petites toilettes de 20 minutes pour m'y
retrouver... Puisqu'elles sont toutes payées pareil!!! Je ne suis pas un saint
et je ne vis pas d'eau fraiche!
Ok mais en quoi ca
concerne le grand public?
Tout d'abord philosophiquement une fois que cette idée sera passée, dans la
foulée le message est clair: la
dépendance devient une charge familiale et non étatique. Dis autrement,
puisque personne ne vient laver vos gosses, pourquoi quelqu'un viendrait laver
vos vieux?
Alors évidemment tout ceux qui n'ont jamais connu cette situation diront que
c'est bien normal (comme c'est bien normal de travailler plus pour gagner plus
n'est ce pas?) mais tous ceux qui connaissent vraiment cette situation savent
que garder une personne dépendante à domicile est une charge énorme, bien trop
énorme pour n'importe qui travaillant par exemple... D'expérience 6 familles
sur 10 ne s'en relèvent pas...Oupss!!!
Mais rassurez
vous, quand vous réaliserez ce que je suis en train de dire, quand vous serez
confronté à la situation, il sera trop tard….
Ensuite, pratiquement, autant vous le dire tout de suite qu'en ce qui me
concerne (et j'imagine que je ne suis pas le seul) une fois la majorité de mes
revenus supprimés je ferme le cabinet... Et vous pourrez toujours courir pour
trouver quelqu'un pour faire des piqûres ou des pansements...Surtout à domicile
(vu le prix du fioul et des pv)... Et à 3€ bruts!
En clair oubliée la gentille infirmière qui vient vous soigner à des horaires
un peu à la carte: vous vous débrouillerez et vous ferez la queue chez le médecin
ou dans les rares cabinets restants quand vous aurez le dos bloqué ou la jambe
dans le plâtre... Ou vous ne serez pas soignés, ou vous ferez vous même vos
soins, après tout hein...
Alors les syndicats vont
bouger forcement?
Ben oui j'espère...
Ou non car pour parler vulgairement la CPAM "nous tient". Je
m'explique (attention c'est un peu technique mais ca vaut le coup): les
toilettes entrent dans ce que la CPAM appelle des "séance de soins
infirmier". Chaque séance est sensée durer une demi heure (!) et être
facturée 7,5 euros brut + 2,20 de déplacement (soit 4.85 € net!). Si le soin
est lourd et dépasse 30 minutes, dans sa grande mansuétude la CPAM nous permet
alors de coter deux séances pour un seul soin et nous arrivons alors au fameux
15 € bruts. Evidemment pour survivre nous cotons presque systématiquement pour
une toilette 2 séances même si nous ne restons pas toujours plus de 30 minutes...
Et vous comprenez donc que la CPAM dispose d'une allée, voire d'un boulevard
pour déclencher la blitzkrieg quand elle veut... Le texte devant passer en 2009
j'entends déjà en septembre les reportages au 20 heures de tf1 et dans
"Combien ça coute" sur "Les infirmiers qui truandent insolemment
la CPAM" etc...
Surtout
qu'ils n'auront pas à chercher bien loin... Il suffit de compter le nombre de séances
infirmiers par jour pour voir qui truande... Passé 30 séances par jour
les infirmiers seraient sensé ne faire que des toilettes plus de 15 heures par
jours...En plus du reste... Or je connais des ide qui font plus de 20 toilettes
dans la matinée... Ce qui est officiellement impossible!!! Il suffira donc de
prendre trois cas comme ça, de les monter en épingle et vogue la galère... Que
pourront dire alors les syndicats, surtout dans l'ambiance délétère actuelle et
avec un grand public désinformé?
Ceci dit, le
plus drôle quand on pense aux filles qui bossent comme ça, c'est tout de même
de réaliser que ces filles font ça... aussi pour faire face à la demande!! Parce
qu'il n'y a personne d'autre pour faire les soins !!!
Alors je ne veux pas faire d'angélisme et dire qu'il n'y a pas d'abus, bien sûr
il y en a, comme partout… Mais les bavures n'ont jamais remis en cause
l'existence de la police que je sache. En plus avec cette loi stupide, celles
qui vont survivre sont celles qui seront les plus débrouillardes... cqfd?
D'autre part
évidemment dans les maisons de retraites, les filles font plus que 40 toilettes
dans la matinée... Et passe 5 à 10 minutes grand max auprès de gens qui
payent pour ça plus de 1500 € par mois...Mais qui se souciera alors de ce léger
détail ?
Ok
alors on fait quoi?
Et bien je
ne sais pas. Vous pouvez copier et diffuser ce post et puis attendons et
levons-nous si ça bouge ou pleurons si ca ne bouge pas. Et surtout si les infirmières
se lèvent la dessus, soutenez les!!! Cela vous concerne presque plus que nous!!
(Personnellement je vais avoir du travail quoi qu'il arrive, par contre c'est
votre mère qui sera lavée après le meuble de la cuisine, votre mère qui gobera
les médicaments distribués par une fille qui ne sait pas ce qu'elle fait...).
Et
tu as des exemples concrets?
Ben oui rien
que cette semaine… Il y a eu cette dame de 97 ans chez qui je fais une
"petite" douche tous les jours et a qui j'ai découvert une
"petite" plaie qui n'avait l'air de rien. Sauf que vu l'état de ses
jambes (que je connais bien) j'ai regardé de suite de prés et bingo c'était un
ulcère débutant. J'ai lancé le pansement immédiatement et le médecin est passé
ensuite et l'a adapté, donc on devrait s'en sortir dans 15 jours (avec des bas
et un pansement pour mamie)...évitant simplement une plaie chronique et
douloureuse...
Il y a eu
aussi ce patient qui est revenu d'hospitalisation complètement lessivé et pour
lequel j'ai du faire des pieds et des mains pour le faire ré-hospitaliser
alors que son médecin traitant était en vacances et que sa femme qui
"était fatigué d'aller le voir à l'hôpital"... voulait absolument le
garder à domicile (aux dernières nouvelles il aurait fait une fausse route
massive + infection au pyo... un candidat vraiment parfait pour le domicile
donc!)
Il y a aussi
ce petit couple, double Alzheimer, que je vois tous les jours et dont mamie
était en train de se dessécher parce qu'elle n'avait jamais soif... Et lui dont
j'adapte le traitement pour le vertige et le previ** en appelant le médecin
tous les 15 jours...
Il y a enfin
cette femme d'une 40aine d'année atteinte d'un cancer rapide avec qui j'ai discuté
un long moment pour lui faire entendre que non, avoir une aide psychologique
dans son état n'était pas un aveu de faiblesse... Et que sa nouvelle perruque
avec sa nouvelle couleur la faisait ressembler à Isabelle Huppert dans la
cérémonie (ce qui en plus était parfaitement vrai évidemment).
Etc, etc,
etc...
Et vous
pensez vraiment qu'on peut faire ça sans formation? Sans travail sur soi ?
Que n'importe qui sortant de n'importe où peut le faire?
De toutes
façons si rien ne change de toutes façons vous aurez vite la réponse...
Euthanasie
Edit:
Je ne voulais pas y revenir si vite mais il ya eu rebondissement dans
l'affaire Debaine.
Voici un article issu de là
Affaire Debaine renvoyée en appel
17/04/2008
C'est un recours en appel pour le
principe doublé d'un principe de précaution. Le 9 avril 2008, la cour d'Assises
du Val d'Oise acquitte Lydie Debaine, accusée d'avoir avec préméditation donné
la mort à sa fille gravement handicapée et souffrante.
Durant le procès, le ministère public, qui avait requis « comme condamnation de
principe » trois ans de prison avec sursis alors que Mme Debaine risquait la
réclusion criminelle à perpétuité, n'avait dans un premier temps pas souhaité
faire appel.
Aujourd'hui, le parquet général en a décidé autrement. La cour d'appel a donc
été saisie. Non pas pour remettre en cause le verdict prononcé en première
instance mais bien pour réaffirmer la position de la justice française dans ce
genre d'affaire. « Sans méconnaître la situation dramatique de Mme Debaine, son
profond désarroi et sa grande souffrance, il m'est apparu que le ministère
public, avait le devoir, dans le souci de l'intérêt général, de requérir
l'application de la loi et la condamnation de l'accusée », a affirmé
Jean-Amédée Lathoud, procureur général de la cour d'appel de Versailles.
Pour justifier cette décision, M. Lathoud a déclaré que ce verdict
d'acquittement pouvait « en effet, être compris comme un encouragement à
l'atteinte volontaire à la vie des handicapés, qui méritent notre protection et
notre soutien ». « Il m'apparaît que l'acte de Mme Debaine, s'il justifie une
réelle compassion, ne peut être accepté en l'état du droit français, de nos
valeurs éthiques et des principes qui fondent la vie en société », a-t-il
ajouté.
Après l'affaire Chantal Sébire qui avait relancé les débats sur l'euthanasie,
cette décision d'envoyer le dossier en appel est un recours pour la forme et
surtout pour le fond.
Bref si je comprends bien, mon trouble a été partagé, au moins pour la
signification légale de cet arrêt.
Sincèrement je suis un peu rassuré.
Et honnêtement un peu flatté aussi, ce que je pressens ne serait-il pas
entièrement con?
;))
Euthanasie : le désir de mort
Alors je commence ce dossier qui me questionne, qui me
tient à cœur. Je tente un truc: réfléchir par écrit à voix haute. Je vais
peut être me planter, je vais peut être dire des conneries et je compte sur
vous pour m'aider. C'est un sujet important pour tous et je trouve
insupportable le traitement médiatique habituel. On essaye autre chose?
Gentiment bien sur ;))
Le désir de mort
Evidemment,
vu de l'extérieur, quand on est en bonne santé et pas concerné par le problème
cela a l'air bien simple : évidemment
si je suis trop malade je me balance une balle dans la tête et on en parle
plus, sauf que...
Sauf que devant le gouffre, quand on sent vraiment le vent du boulet, quand on
a la carabine dans les mains, la question est bien plus complexe...
Or le problème avec la mort c'est qu'on a qu'une seule chance... Quand le désir
(même le désir de mort), lui, finalement va et vient de façon un peu étrange.
Car le désir de mort n'est finalement qu'un désir; alors comment évaluer sa
profondeur ?
Je connais, j'ai connu des gens sincèrement persuadés à un moment de leur vie
qu'ils voulaient mourir... Et qui n'y pensent plus du tout aujourd'hui.
Zut alors.
Je côtoie tous les jours des personnes âgées qui me répètent tous les jours que
leur vie n'a plus aucun sens et qu'elle est trop longue mais qui, habitant au
sixième n'ouvrent jamais la fenêtre pour s'envoler et s'inquiètent a chaque
prise de sang à peine perturbée.
J'ai connu aussi des ados en pleine santé qui avaient décidé de mourir et que
rien ni personne n'a pu retenir.
J'ai connu dernièrement un patient qui était clairement condamné, avec
qui j'ai beaucoup parlé mais qui a voulu tout de même être opéré une fois
encore et qui est mort sur la table d'opération persuadé qu'il allait être
sauvé. Son dernier sms me disant a quel point il était content de
l'équipe qui le prenait en charge…
De plus, si on doit aider à mourir ceux dont la vie ne vaut plus la peine
d'être vécue, doit-on alors arrêter de réanimer les suicidants?
Et si on doit trier, sur quels critères? Savez vous que les "coups de
feu" (suicide par arme à feux en plein visage), même gravement défigurés
ont le taux de récidive les plus faible parmi les suicidants?
Alors vous allez me dire que je mélange tout, que l'euthanasie ça ne concerne que
des gens clairement condamnés et qui ne veulent plus vivre; vous pensez peut
être que l'approche de la mort rend rationnel le patient et sa famille, moi
pas. Heureusement (ou pas ?) les mourants sont aussi illogiques que les
gens en bonne santé...
Alors que fait-on?
Quelle échéance certaine (en médecine ou rien n'est certain!) rend
définitivement recevable le désir de mort?
Qui décide?
Et pour qui?
Euthanasie : la loi et moi
Alors je
commence ce dossier qui me questionne, qui me tient à cœur. Je tente un
truc: réfléchir par écrit à voix haute. Je vais peut être me planter, je vais
peut être dire des conneries et je compte sur vous pour m'aider. C'est un sujet
important pour tous et je trouve insupportable le traitement médiatique
habituel. On essaye autre chose? Gentiment bien sur ;))
La loi et moi
Ce sujet me
semble à la base de tout alors pour faire simple en gros la question est : L'état
a-t-il le droit de m'empêcher de mourir? Ou dit autrement ne suis pas « entièrement
propriétaire » de ma vie (et donc de sa fin)?
La pensée "libérale/libertaire" actuelle nous fait penser que si,
citoyen libre et autonome l'état n'a pas à intervenir dans les moments ou je
règle ma vie. Pourtant ce n'est pas si simple parce qu'à bien y réfléchir notre
vie ne nous appartient pas entièrement et l'Etat dans lequel nous vivons a des
droits sur elles.
L'idée de base d'un Etat c'est (il me semble!) qu'il donne des droits et qu'il
attend un certain comportement, certains devoirs, en retour de la part de ses
membres, de ses citoyens. Ceux qui refusent de s'y soumettre sont donc hors la
loi, et certains hors la loi sont de plein droit tués; l'état reprenant ce
qu'il avait pris.
C'est avec ce genre d'idée en tête que le suicide a longtemps été interdit en Angleterre
et que les suicidés reconnus étaient privés de tous leurs biens et tout leur
clan était exclu du pays. A moins d'être reconnu comme fou ("félo de
se" ou félon à soi même) au moment de l'acte. L'idée étant alors que la vie d'un homme appartient à son état et
que tout suicide équivaut à une désertion donc à un déshonneur.
En parlant de désertion, un autre cas typique qui doit nous rappeler que notre
vie ne nous appartient pas est bien sur la mobilisation générale, la guerre.
Tous les membres d'un pays savent qu'en cas de besoin on pourra leur demander
d'aller se faire sauter le caisson pour la patrie (et en 1914 des déserteurs
furent passés par les armes).
Donc je pense que non, finalement notre vie/ notre mort ne nous appartient pas
entièrement, dans nos pays démocratique elle est beaucoup à nous mais l'état a,
de plein droit, un regard sur elle.
Oupsss ce n’est pas trop l’air à la mode du moment….
Cependant n'oublions pas non plus que cet engagement moral entre l'individu et
son état a aussi des bons coté; notamment parce que l'état se porte garant de
notre sécurité et du maintien de notre vie (si ils n'étaient pas français
pensez vous que Sarko se soit bougé pour les otages; des centaines de chinois
sont tués par leur pays tous les jours dans l’indifférence générale mais on tue
un seul étranger et c'est l'émeute).
Donc pour moi il y a un échange assez clair entre l'état et l'individu, un
contrat, un pacte (?) : je te protège mais tu me fais don de ta vie.
Evidemment on se demande alors (et surtout dans le cas de l’euthanasie) quelles
sont les limites de ce pacte?
En France aujourd'hui on sait que le suicide n'est plus répréhensible et que la
peine de mort a été abolie il y a un peu plus de 20 ans… En posant cela l'état
français s'est donc retiré le droit de tuer pour punir et a reconnu implicitement
le droit a fuir une vie jugée "insupportable".
Si on est très en forme on peut même se dire que la fin de conscription à
encore un peu plus éloigné le devoir de donner sa vie du citoyen lambda.
Peu à peu l'état français s'est donc replié sur la partie du pacte qui
l'engage le plus : protéger la vie de ses citoyens... y compris (entre autre!)
en donnant accès à un des système de soin le plus performants du monde... parce
que la vie en France, c'est sacré (;) ).
Mais tout d'un coup déboule l'euthanasie.
Et l'euthanasie ce n'est pas rien; l'euthanasie ce n'est pas le suicide;
l'euthanasie c'est donner à quelques un le droit de tuer ceux dont on
estime la vie insupportable; l'euthanasie c'est donc aller exactement à
l'inverse de l'évolution de droit en France qui a toujours défendu bec et ongle
la vie de ces concitoyens... jusqu'à sa fin "naturelle".
Pour rester fidèle à ces principes mais entendre les familles le droit
français a alors inventé le droit d'abandon de soins (abstention thérapeutique)
et/ou le traitement de la douleur y compris a dose mortelle; façon habile
de se contorsionner pour éviter de reculer philosophiquement tout en recréant
le droit de tuer quelqu'un.
Et pour cause: Ce n'est pas rien tout de même le droit à l’euthanasie! Pas
rien de donner à une profession le "00" comme dans James Bond, c'est
même le genre de sujet ou on n’a pas trop le droit à l'erreur... Et puis le
donner à qui? Pour qui? Qui peut se
prévaloir de savoir avec certitude que la vie d'un autre ne vaut plus la peine
d'être vécue? Quelle catégorie de concitoyens peut-on tuer légalement? Par
qui ?
Le dernier
cas en date (affaire Chantal Sébire) nous donne un exemple vraiment troublant:
Que voulait cette femme? Elle jugeait sa vie insupportable, elle était en capacité
de se suicider mais demandait à l'état de le faire à sa place? Quelle réponse
peut-on apporter à une demande aussi paradoxale que : je veux mourir mais je ne veux pas me tuer?
Cette femme
a demandé a "mourir dignement" mais que veut dire cette expression
dans un pays où en gros l'overdose médicamenteuse est "permise"?
Sincèrement je ne vois pas ce qu'elle demandait, à part une organisation
à domicile de son overdose médicamenteuse? Mais faut-il changer la loi ? Faut-il
ré-écrire la loi pour une simple question d'organisation de soins à domicile?
Ainsi, pour
être franc et sincère, donner le droit de tuer à quelqu'un m'apparait un peu
comme une boite de pandore… ou comme le sac d'Eole: Même si nous croyons voir
devant nous le but très simple et très clair, en ouvrant une faille dans la loi
n'allons nous pas revenir violemment en arrière, au temps ou l'on éliminait
tous ceux dont la vie "ne valait pas la peine"?
Euthanasie : l'affaire Debaine
Pour vous
mettre en mémoire c'est ici mais sinon en gros
une mère a tué sa fille handicapée... et a été acquittée par le parquet de
Pontoise.
Tout d'abord
je tiens à dire (avant qu'on ne me jette quoi que ce soit à la gueule) que je
comprends évidemment la souffrance de cette femme. Je la comprends d'autant
mieux que cette souffrance là je la côtoie tous les jours. Plusieurs fois par
jour même. Cette histoire est un drame absolu.
MAIS...
cette femme a été acquittée !
Cette femme a tué sa fille et a été acquittée.
Et ce qui me
stupéfie le plus c'est donc l'idée que, quelque part en France, un jury ait
trouvé, posément, qu'on peut tuer un handicapé; le reconnaitre… et être
acquitté. Sous entendu donc qu'on peut tuer un handicapé
impunément a partir du moment qu'on estime que sa vie était
"insupportable".
Et encore,
pourquoi pas dans le fond, la situation semble clair au premier regard mais là
encore une question se pose : Qui a évalué que cette vie était insupportable ?
Si c'était un groupe de médecins compétents pourquoi pas, mais non ici c'est la
mère de la victime qui a agit seule et de son propre chef... et elle est acquittée.
D'autre part
je voudrais attirer votre attention sur la réquisition de l'avocat général pris
ici
"Elle (la mère) a refusé toute aide
extérieure. Elle était dans une relation fusionnelle qui l'a amenée jusqu'à
dormir au pied de sa fille et à s'allonger sur son corps une fois morte",
a-t-il ajouté. Ce qui m'a frappé c'est sa propension à tout le temps penser à
la solution extrême." L'accusée a indiqué au cours du procès qu'elle avait
pensé mettre fin aux jours de sa fille à plusieurs reprises notamment dans sa
petite enfance. Avant les réquisitions de l'avocat général, Lydie Debaine a
pris la parole pour dire, en sanglots, qu'Anne-Marie "était une enfant
très attachante". "J'ai accompli ce geste dans un acte d'amour. Elle
souffrait trop. Elle passait des jours et des jours sans dormir", a-t-elle
ajouté."
Le fait
qu'elle ait refusé toute aide extérieur m'interpelle le plus. Sans aide
extérieure, sans regard médical, social, comment savait-elle dans quel état
était sa fille? Comment savait-elle seule qu'aucun médicament ne pouvait la
soulager" (entendu à la radio pas retrouvé sur le net)? Etre mère
suffit-il pour devenir une soignante ? Cette fille était-elle un bout d'elle
même? Pourtant elle a été acquittée!
On touche donc
vraiment un point qui me touche beaucoup en tant que personne et en tant que
soignant : jusqu'à quand laisseront-on aux familles l'illusion de savoir de
façon absolue et unilatérale ce qui est bon pour un patient… surtout
quand celui ci ne peut s'exprimer? Evidemment une prise en charge de personnes
handicapée se fait d'abord avec la famille mais aussi avec des médecins; pas de
famille sans médecins et pas de médecins sans famille : Les familles ne
sont pas des soignants tout comme les soignants ne sont pas la famille; c'est
pour cela qu'ils sont complémentaires.
Prendre en
charge une personne dépendante à domicile est un sacrifice énorme que je
connais bien. Sans aucun regard extérieur pour aider, sans l'idiot d'infirmier
qui passe tous les jours pour relativiser ou soutenir, sans le médecin qui
veille de prés… c'est un suicide- ou un meurtre au bout du tunnel... Et cette
histoire en apporte la preuve… Mais qui est responsable de cette situation
d'isolement?
D'autre part,
j'entends ici ou là, à cette occasion et à d'autres, péremptoirement posé que
"il n'y a pas de structure pour accueillir les handicapés".
Alors je ne vais pas faire d'angélisme c'est évidemment un problème ... Surtout
si on ne cherche pas!. Je tiens à rappeler que des solutions
existent j'en connais même certaines très bien et je rappelle aussi que
tous les gens qui travaillent là ne sont pas que des bourreaux...
Ceci dit,
certes c'est dur de trouver certes il faut se battre et c'est insupportable
d'ailleurs que dans un pays riche ce ne soit pas plus simple que ça... Et là
vraiment il faudrait se battre. Mais malgré tout on ne peut pas dire qu'en France
on laisse des personnes "absolument seule" face à l'handicap.
Sauf si elles le choisissent.
Alors pour
moi, en acquittant cette femme on acquitte une mère omnisciente a qui on donne
a postériori le droit de vie et de mort sur son enfant.
Et désolé ça ne passe pas.
Pour moi une peine de principe avec sursis était nécessaire parce que qu'elles
que soient les circonstances on ne peut pas, seul, tuer impunément, a fortiori
quelqu'un qui ne s'exprime pas.
Là je sens
évidemment qu'on va parler d'euthanasie mais le fait que cette handicapée soit
hors environnement médical et surtout ne ses soit jamais exprimée change totalement
la donne avec le cas Imbert.
Pour mémoire
et pour réfléchir je vous conseille tout de même de lire ça (la même histoire
traitée il y a quelques années ou je pense que la justice a parlé de façon
sensée ) et ça (ou j'ai envie de me
pendre).
Ps:
Trouvez moi parano ou non, mais je trouve cette facilité a absoudre
l'élimination de ceux dont "la vie ne vaut pas la peine d'être vécue"
étrangement en résonance avec le bain "libéralo-abscon" où nous
pataugeons tous depuis quelques années.
PPs: Et pour
justifier son geste la mère a parlé « d'acte d'amour ». Comme pour
justifier les viols dans "parle avec elle" quoi... Donc viol,
meurtre... Amour, que de crimes commis en ton nom!
PPPs:il y a
longtemps aussi que j'ai en tête une note sur la "Dictature des bons
sentiments", décidemment elle devient nécessaire!
PPPPs: Euh
inutile de me le dire dans les coms, oui je suis un fasciste sans cœur qui ne
connait rien à la souffrance des hommes... Par contre si vous voulez vraiment
que j'évolue, expliquez-moi votre avis gentiment ;))
Jusqu'au sang...
Donc en
résumé dans ma tournée en ce moment j'ai:
- Une mamie
de 95 ans en train de s'éteindre doucement comme une chandelle fragile sous les
yeux de sa fille qui apparemment refuse de comprendre
- Un patient
d'une cinquantaine d'année atteint d'un cancer généralisé foudroyant qui perd
chaque jour un peu plus de ses capacités... mais pas sa conscience hein bien
sur...
Et, last but not least…
- Un vieux
sans famille qui vit seul et se clochardise gentiment dans sa propre maison,
chez qui je viens de découvrir (oh joie et bonheur!!!) qu'il est infesté de
puces (!) et qu'il m'en file régulièrement... (Note: étant globalement paranoïde il refuse qu'une femme
de ménage vienne chez lui et/ou d'aller en institution or sans famille on ne
peut rien faire...)
Je prends
donc quatre douches par jour, je change ma literie tous les jours, je me gratte
jusqu'au au sang... et je me pose une question:
Infirmier
est ce une vocation ou une malédiction?
Je vais
bien, tout va bien, je suis gai, tout me plait....

